Reporters sans frontières et la Burma Media Association condamnent fermement l’arrestation du blogueur et écrivain Nay Myo Latt, le 29 janvier 2008, chez lui, dans le quartier de Thingankyun à Rangoon.

« Cette chasse aux blogueurs est inacceptable. Nous ignorons où se trouve Nay Myo Latt. Nous demandons aux autorités de le libérer et de cesser cette traque », ont déclaré les organisations.
Nay Myo Latt, également membre de la Ligue nationale pour la démocratie (opposition illégale) tient un blog (http://www.nayphonelatt.net/) sur lequel il témoigne de la difficulté que rencontre la jeunesse birmane pour s’exprimer, notamment depuis les manifestations de l’automne 2007. Il possède trois cybercafés, dont un est situé à Thingankyun.


Lors de ces événements qui ont opposé les moines aux militaires du régime, le blogueur Thar Phyu (www.mogokemedia.blogspot.com) avait été détenu pendant quelques heures pour avoir publié des photos de moines et de manifestants dans les rues. Son site Internet est aujourd’hui fermé.

Depuis le début de l’année, les autorités birmanes ont renforcé leur surveillance sur Internet. Elles obligeraient tous les propriétaires de cybercafés à enregistrer les données personnelles des internautes (nom, prénom, adresse, etc.) et à enregistrer des captures d’écran toutes les cinq minutes sur chaque poste. Toutes ces données seraient ensuite transmises au ministère de la Communication. D’après le propriétaire d’un cybercafé interrogé par l’agence de presse locale Mizzima,
« personne ne veut se plier à ces mesures mais les plus appeurés ont
sûrement dû céder ».

Par ailleurs, la seule plateforme de blogs encore accessible, Blogger (http://www.blogger.com), appartenant à Google, est censurée par le régime depuis le 23 janvier 2008. Les blogueurs n’ont donc plus la
possibilité de publier leurs articles sauf en utilisant des proxies ou autres moyens de contournement de la censure.

« Ce blocage est un moyen pour les autorités de réduire les citoyens birmans au silence. Ils ne peuvent plus publier d’articles, ni diffuser d’informations. La Birmanie risque à nouveau d’être coupée du monde », ont poursuivi Reporters sans frontières et la Burma media association.

Contactées par des journalistes de Mizzima, les autorités locales n’ont pas justifié l’inaccessibilité de Blogger, avançant qu’elles n’avaient reçu aucune consigne en ce sens. D’après des blogueurs locaux, les autorités laissent également des commentaires sur les blogs pour dissuader les internautes de s’y attarder et redirigent parfois les adresses de certains sites. L’un des blogs les plus visités cet automne, Niknayman (http://niknayman.blogspot.com/), était redirigé vers un site pornographique (ce n’est plus le cas actuellement).

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