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Rebondissement dans l’enquête sur la mort du cameraman japonais de Reuters

Saura t-on vraiment un jour qui est responsable de la mort du caméraman japonais Hiroyuki Muramoto ? Depuis le début de cette affaire les informations contradictoires se succèdent: confusion, imprécision et délais d’enquête extravagants ont ajouté au climat de suspicion qui entoure les circonstances de la mort du journaliste cameraman de Reuters.

Saura t-on vraiment un jour qui est responsable de la mort du caméraman japonais Hiroyuki Muramoto ? Depuis le début de cette affaire les informations contradictoires se succèdent: confusion, imprécision et délais d’enquête extravagants ont ajouté au climat de suspicion qui entoure les circonstances de la mort du journaliste cameraman de Reuters.

Hiroyuki Muramoto, a été tué par balles dans la nuit du 10 avril 2010, à Bangkok, lors des affrontements entre les « chemises rouges » et l’armée. Le rapport final, de la DSI (équivalent du FBI en Thaïlande) rendu public presque un an après le décès du journaliste, contredisait de premiers résultats, qui montraient que la balle ayant tué Hiro Muramoto en avril 2010 était du même type que celles utilisées par les forces de sécurité.

Hiroyuki Muramoto funeral
Les obsèques du journaliste tué en Thaïlande en avril 2010, Hiroyuki Muramoto

La balle qui a touché le journaliste japonais au thorax serait une munition de fusil d’assaut AK-47, une arme qui n’était pas utilisée par les soldats thaïlandais ce jour-là à Bangkok, avait précisé le directeur général du DSI, Tharit Pengdith.

Mais aujourd’hui les conclusions d’une seconde enquête semble au contraire s’orienter vers un tir des militaires.

« Après enquête, il est très clair dans le cas du caméraman japonais qu’il s’agissait d’un acte des forces de sécurités du gouvernement. Il y a des témoins et des preuves médico-légales »,

a déclaré le vice-Premier ministre thaïlandais, Chalerm Yubamrung, lors d’une rencontre avec l’ambassadeur du Japon, le 29 novembre 2011.

Reporters sans frontières prend note des derniers développements dans l’enquête sur la mort du caméraman japonais Hiroyuki Muramoto et de la déclaration du vice-Premier ministre thaïlandais concernant l’implication des forces de sécurité.

« Les autorités thaïlandaises semblent enfin déterminées à faire toute la lumière sur cette affaire et à reconnaitre la responsabilité de l’armée dans la mort de Hiroyuki Muramoto. Nous les appelons à présent à faire preuve du même sérieux dans l’enquête sur le décès du photographe italien Fabio Polenghi, qui n’a pas progressé depuis le printemps 2010. Des pistes n’ont pas été étudiées et des lourdeurs dans la procédure continuent de ralentir les investigations »,

a déclaré l’organisation

Le 24 mars 2011, le département des enquêtes spéciales (DSI), avait d’abord conclu que l’armée ne pouvait être impliquée puisque la balle mortelle provenait d’un modèle d’arme qu’elle n’avait pas utilisé le jour des affrontements. Les nouvelles conclusions, délivrées conjointement par la police et le DSI, interviennent sept mois après la proposition du DSI de « déléguer » à l’agence Reuters l’enquête sur la mort du cameraman, employé par cette agence.

Hiroyuki Muramoto est l’un des deux journalistes tués lors de la couverture des manifestations du printemps 2010. Fabio Polenghi, photographe de presse italien travaillant en freelance, a été tué à Bangkok, le 19 mai 2010, pendant l’assaut de l’armée contre les « chemises rouges ». Une autopsie a confirmé que le photographe avait été abattu dans le dos.

Sa sœur tente de faire avancer l’enquête avec l’aide de l’avocat Robert Amsterdam. Ce dernier a affirmé disposer de témoignages à l’intérieur même de l’armé selon lesquels ordres auraient été spécifiquement donné de viser les journalistes. Depuis le 12 octobre 2011, il fait l’objet d’une plainte du parti démocrate pour lèse-majesté.

Source: http://en.rsf.org/asia,2.html  Editing: Olivier Languepin

 

 

Redaction Bangkok

Par Redaction Bangkok

La rédaction de thailande-fr est installée à Bangkok depuis 2007, avec un rédacteur en chef, des pigistes, et des stagiaires d'écoles de journalisme et de communication.

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