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Thaïlande: vers la fin du travail pas cher?

Depuis hier 1er avril 2012, la loi sur l’augmentation du salaire minimum est entrée en vigueur en Thaïlande, avec trois mois de retard sur le calendrier prévu. La décision d’augmenter le revenu quotidien minimum à 7,5€ par jour (300 Baths) avait déjà été prise par le gouvernement en novembre 2011, mais les inondations avaient repoussé l’échéance de janvier à avril 1012.

Depuis hier 1er avril 2012, la loi sur l’augmentation du salaire minimum est entrée en vigueur en Thaïlande, avec trois mois de retard sur le calendrier prévu. La décision d’augmenter le revenu quotidien minimum à 7,5€ par jour (300 Baths) avait déjà été prise par le gouvernement en novembre 2011, mais les inondations avaient repoussé l’échéance de janvier à avril 1012. Suivant le mouvement initié par la Chine, la Thaïlande et la plupart des pays membres de l’Asean ont pris le parti d’augmenter les salaires, en commençant par les plus bas.

Anuttama Amornvivat, porte- parole du gouvernement, a annoncé la décision d’augmenter le salaire minimum dans les six régions de Bangkok, Nonthaburi, Pathum Thani, Samut Prakan, Samut Sakhon, Nakhon Pathom et Phuket à 300 baht minimum par jour. L’augmentation sera étendue à l’ensemble du pays à partir de l’année prochaine.

La hausse des salaires chinois ricoche sur les pays de l’ASEAN

De plus en plus de pays en Asie ont choisi de mettre la pression sur les entreprises pour augmenter les salaires. Ainsi, depuis deux ans déjà, la Chine entreprend d’augmenter peu à peu le salaire moyen dans le pays pour combler le fossé grandissant depuis plusieurs années entre les riches et les pauvres, et contenir la contestation sociale et politique.

L'augmentation du salaire minimum à 300 baht par jour est pour l'instant limitée à Phuket et aux provinces proches de Bangkok. Elle sera étendue à l'ensemble du pays en 2013

Les grandes multinationales ont commencé à voir les prix de fabrication en Chine augmenter en 2011, ce malgré la crise économique mondiale. Les travailleurs réclament une partie de plus en plus importante des bénéfices provenant de la croissance économique du pays.

En Chine, durant les trois premiers mois de cette année seulement, les salaires des travailleurs ont augmenté de plus de 10%, atteignant 230 $ par mois à Shanghai, 240 $ à Shenzhen et 200 $ à Beijing. Le gouvernement vietnamien en octobre augmenté le salaire minimum de $ US66 par mois à US94 $ soit un bond de 42%. Cependant au Cambodge et au Myanmar, les salaires mensuels moyens sont encore faibles à 66 dollars et 50 dollars, respectivement.

Les multinationales, à la recherche de pays ou trouver de faibles coûts de production, ont quant à elles de moins en moins d’options de délocalisation.

La propagation des salaires plus élevés est devenue un réel problème pour les compagnies implanté dans ces pays ou les faibles couts de production permettent une meilleure rentabilité, tel que Nike Inc, Adidas AG ou Dell Inc.

Ainsi, le détaillant de vêtements pour homme américain Jos. A. Banks Clothiers Inc. a commencé cette année à délocaliser une partie de sa fabrication de la Chine à l’Indonésie. Le PDG, Neal Black, a cependant annoncé que s’il n’avait pas encore remarqué d’inflation des salaires en Indonésie, ce n’est qu’une question de temps. La compagnie, qui produisait déjà au Sri Lanka et en Malaisie, prévoit de s’installer en Amérique du Sud ou dans d’autres pays en développement tels que la Jordanie ou encore Haïti.

Des multinationales qui ne savent plus où aller

Alors que les pays d’Asie du Sud-Est espèrent voir la demande augmenter et relancer la croissance, en période de crise ou la demande d’exportation des occidentaux se fait timide, certains économistes sont moins optimistes. Ils craignent qu’un salaire minimum, après l’inflation des prix, ne ramène le pays au même point qu’il y a dix ans. Les banques centrales s’inquiètent déjà de l’augmentation du prix du pétrole, et le danger serait la baisse générale du pouvoir d’achat. Les biens et services les plus courants deviendraient alors inaccessibles aux personnes qui devaient à l’origine bénéficier de cette hausse des salaires.

Pour alléger la pression sur les entreprises, le gouvernement thaïlandais a réduit l’impôt sur ​​les sociétés de 25 % à 23 %. Cependant les expert ne s’attendent pas à une hausse du chômage, qui est maintenant en dessous de 2%, en raison d’une pénurie d’ouvriers qualifiés et non qualifiés en Thaïlande. Mais pour vraiment accroître la richesse individuelle, les économistes font valoir que le gouvernement doit faire plus que simplement augmenter le salaire minimum.

Certains experts estiment ces mesures peu efficaces à long terme car elles réduisent la compétitivité du pays, et les coûts sont ensuite répercutés sur les consommateurs sous la forme d’une hausse des prix.

“Le principal problème pour la Thaïlande est de restructurer son secteur industriel pour augmenter la productivité, et offrir des incitatifs fiscaux pour encourager les entreprises à investir dans la recherche et le développement»,

a déclaré Nipon Paopongsakorn, président de l’Institut thaïlandais de recherches pour le développement.