Véritable religion en Thaïlande, le Muay Thai ou boxe thaïe, est pratiquée par quasiment tous les Thaïlandais, pendant au moins une période de leur vie.

Plus qu’un simple sport, cet art ancien du combat fait partie du quotidien dans le Royaume, et les matchs de boxe font toujours salle comble.

Les origines du Muay Thai

La naissance de cet art martial remonte entre les XVe et XVIe siècles, durant la période du royaume d’Ayutthaya.

Pour faire face aux invasions des Birmans, le peuple de Siam avait mis au point un art guerrier permettant de lutter au corps-à-corps face à un ennemi armé : le Muay Thai (มวยไทย, écouter)

Le plus célèbre boxeur thaï serait un certain «Khanom Dtom», prisonnier de guerre, qui aurait vaincu une dizaine de soldats birmans en échange de sa liberté.

Durant les périodes de paix qui ont suivi, la «Muay Thai» est devenue une distraction pour le peuple qui venait régulièrement assister aux combats entre les soldats. C’est à partir de là qu’est née la tradition des paris.

muaythaiparis
La tradition des paris est solidement ancrée dans les combats de Muay Thai, même si officiellement ils ne sont pas autorisés.

Ce n’est qu’au début du XXe siècle que les bandes attachées aux poings, parfois enduites de colle, servant à y fixer du verre pilé, seront définitivement abandonnées au profit des gants de boxe, tout comme seront instaurées des limites de temps ainsi que des catégories par poids.

Une pratique ancrée dans le quotidien des Thaïlandais

Plusieurs camps d’entraînement parsèment la Thaïlande. Les grands combats sont diffusés tous les week-ends par les télévisions thaïlandaises. Ils sont ensuite retransmis par les chaînes internationales.

On peut notamment assister à des matchs de boxe tous les dimanches après-midi à Chatuchak ou encore les mardis soir devant le MBK.

C’est une expérience à vivre : l’ambiance de la salle est surchauffée, le public pousse des cris d’encouragement, les gestes pour parier volent dans les airs, la musique rythme les combats,… A voir pour comprendre l’engouement que représente ce sport pour les Thaïs !

Dans le Royaume du Siam, tout le monde peut le pratiquer dès l’âge de 7 ans. Ses pratiquants vont jusqu’à vivre de la boxe thaïlandaise. Elle génère une économie considérable. C’est un marché très lucratif, car les paris clandestins peuvent atteindre des sommes considérables.

Situés à Bangkok, les Stade de Boxe du «Lumpinee» et celui du «Rajadamnoen» sont les deux stades de boxe thaïe les plus réputés en Thaïlande. Ils sont gérés par le Gouvernement et l’Armée Royale.

Un sport réglementé et technique

Bien que beaucoup considèrent ce sport très technique comme particulièrement violent, la « Muay thai » réponds à des règles strictes que les boxeurs se doivent de respecter scrupuleusement.

Un combat se déroule en 5 reprises (ou rounds) de 3 minutes. Les pieds, poings, genoux et coudes sont autorisés, tant qu’ils n’atteignent pas volontairement les parties génitales de l’adversaire.

Un arbitre relève qu’aucune irrégularité n’est commise et attribue des points au mérite, favorisant l’agressivité. Le vainqueur est celui qui a réussi à mettre «K.O» son adversaire dans la limite des 5 rounds, ou bien qui a marqué le plus de points.

Le premier round d’un combat n’est jamais disputé, c’est un « round » d’observation entre boxeurs, qui ne sert généralement qu’aux prises de paris.

Un rituel très codifié

Il existe plusieurs rituels d’avant combat :

Le Wai Khru

Le «Wai Khru» est la première partie du rituel qu’exécute le boxeur (ou«Nak Muay» ) en montant sur le ring. Le «Wai Khru» vient du mot «Wai» qui signifie hommage, salutation, et «Khru», qui veut dire maître, professeur, mentor.

Il existe un grand respect entre l’entraîneur et son élève. Avant chaque combat, ce dernier lui rend honneur et exprime sa reconnaissance à travers une danse d’environ 5 minutes sur le ring, accompagnée par une musique traditionnelle.

Il rend également hommage à tous ceux qui détiennent la connaissance de la discipline mais aussi à ses parents.

Le boxeur effectue le tour du ring en s’inclinant respectueusement et en touchant trois fois les quatre coins. Il n’existe aucune signification religieuse à ces gestes.

Le Ram Muay

Vient ensuite le «Ram Muay» , l’hommage au public, qui est assimilable à une «danse» faisant appel à une ou plusieurs figures légendaires et aux différents éléments constituant la Terre.

Cette «chorégraphie», symbolisait également la fraternité qui liait les coéquipiers entre eux.
Le boxeur exécute 3 fois cette danse, ce qui lui permet d’aller saluer la partie du public se trouvant de chaque côté du ring.

Cette danse est accompagnée par une musique qui rythme ensuite les combats.

Lors du «Wai Khru» et du «Ram Muay», le «Nak Muay» porte un «Mongkon». Ce «serre-tête» de coton filé représente la connaissance, le savoir-faire des Anciens.

Dans le passé, chaque club avait son propre «Mongkon». Normalement, le boxeur ne doit pas le toucher, il lui est mis et retiré par son entraîneur. Cela permet de rappeler au boxeur qu’il combat avant tout pour le club, et qu’il le représente avant sa propre personne.

Après le combat, le boxeur finit le cérémonial par une salutation à son adversaire, aux juges et arbitres pour leur démontrer son respect, puis au public pour le remercier d’assister à son combat.

Un sport représentatif des valeurs traditionnelles

L’utilité de ces rituels est de conserver les traditions propres à l’histoire de la discipline. De nos jours, même si le cérémonial a perdu une partie de sa symbolique, cette discipline continue de louer et de développer des valeurs telles que le courage, le respect, la concentration…

C’est justement cet aspect très respectueux et codifié qui fait que la boxe thaïe n’est pas simplement et uniquement perçue comme un sport mais plus comme une leçon de vie, un enseignement à suivre au quotidien.

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