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Edito

Requiem pour un chauffeur de taxi

L’ex-Premier ministre de Thaïlande , Abhisit Vejjajiva , et l’un des anciens adjoint, Suthep Thaugsuban, sont accusés du meurtre d’un chauffeur de taxi durant les émeutes du printemps 2010 qui ont fait 90 morts.

C’est le dernier épisode de la revanche de Thaksin:  à la fois bizarre, un peu surréaliste, et un peu kafkaïen. L’ex-Premier ministre de Thaïlande , Abhisit Vejjajiva , et l’un des anciens adjoint, Suthep Thaugsuban, sont accusés du meurtre d’un chauffeur de taxi durant les émeutes du printemps 2010 qui ont fait 90 morts.

Les mises en accusations ont été annoncées le lendemain du 85e anniversaire du roi Bhumibol Adulyadej. Personne ne s’attend vraiment à ce que l’ancien Premier ministre Abhisit Vejjajiva ne soit  condamné, mais ses adversaires espèrent apparemment faire ainsi pression pour le retour en Thaïlande de Thaksin Shinawatra.

Une manifestante pro-Thaksin : sur sa casquette on peut lire “je regrette Thaksin”

L’ancien porte-parole de M. Abhisit, Panitan Wattanayagorn a récemment déclaré à la presse

“C’est sans précédent: inculper deux responsables politiques de haut niveau, y compris l’ancien premier ministre, pour des missions de maintien de l’ordre dans la cadre de l’exercice du pouvoir. Aucun tribunal se pourra raisonnablement établir la preuve liant  Abhisit à une accusation de meurtre.”

Le parti démocrate estime que les accusations contre M.Abhisit sont motivées par les intérêts politiques de ses adversaires, et l’ex premier ministre a répondu qu’il ne faisait que s’acquitter de son devoir de maintenir la loi et l’ordre.

“L’acte d’accusation contre l’ex Premier ministre et son ancien vice-Premier ministre est une ultime tentative du clan de Thaksin pour faire pression sur eux, en tant que leaders de l’opposition, pour faire des compromis»,

explique un diplomate à la retraite  à Bangkok. Transiger sur quoi? En deux mots, l’amnistie et le retour de Thaksin.

Le chauffeur de taxi âgé de 44 ans, a été abattu en mai 2010 par des soldats qui ont ouvert le feu alors qu’il marchait dans la rue. Abhisit et Suthep sont traduits devant la justice parce qu’à l’époque ils étaient, respectivement, Premier ministre et directeur du Centre pour la résolution de la situation d’urgence, une structure de coordination formée pour gérer  les troubles causés par les longues semaines d’occupation du centre de Bangkok par les Chemises rouges.

Mais s’agit-il vraiment de juger la mort d’un chauffeur de taxi? Il s’agit plutôt du cynisme manoeuvrier qui est au pouvoir en ce moment en Thaïlande. C’est le dernier épisode, on pourrait dire tactique, du bras-de-fer qui opposent les deux groupes politiques qui se disputent le pouvoir en Thaïlande.

“Thaksin veut rentrer à la maison et il est de plus en plus désespéré” a déclaré un membre du parti démocrate  à The Daily Beast, un quotidien anglo saxon en ligne.

Le Puea Thai, la coalition au pouvoir, a déjà proposé d’accorder l’amnistie aux manifestants et des détenus politiques, allant jusqu’à modifier les conditions habituelles en incluant les condamnés en fuite, faisant en quelque sorte du sur mesure pour inclure Thaksin dans la loi d’amnistie. Mais pur une fois le plus ‘est gros mieux ça passe n’a pas fonctionné, et le pouvoir  du reculer, laissant Thaksin ronger son frein à Dubai.

«Le fait est, M. Thaksin a été reconnu coupable d’un conflit d’intérêts», explique un diplomate occidental à la retraite. «À peine un délit. Il ya plusieurs premiers ministres dans le passé qui ont commis des infractions beaucoup plus graves. Franchement, il n’est pas viable à long terme que le Premier ministre de facto qui dirige de fait la Thaïlande continue à être exclu de son pays. “

Mais le retour de l’ancien premier ministre, condamné à deux ans de prison, est un tabou pour l’établissement thaïlandais qui considère que sa rhétorique populiste et politique est une menace pour le pays et la monarchie. Le retour d’exil de Thaksin serait aussi certainement susceptible de rompre l’équilibre délicat qui permet en ce moment à sa soeur de gouverner la Thaïlande dans un calme précaire.

Par Olivier Languepin

Journaliste basé à Bangkok depuis 2006. Rédacteur en chef de thailande-fr.com.

  • Bonjour,

    Je trouve votre article completement ridicule !
    Et puis ce diplomate, j’ignore ou vous l’avez peche mais c’est un tres mauvais diplomate !
    Pourquoi ? Tout simplement parce que dans une affaire délicate comme celle-ci il ne prend pas assez de precaution dans ces dites ce qui risque la montée des colères du peuple thaïlandais qui ont voter à majorité Taksin ! Ce diplomate ne connaît en vérité rien sur les problèmes de la Thaïlande . Il doit sûrement passer son temps dans des bars à putes ! Sans jamais sortir de son guetto à gogo de Patpon etc.. !! Abbisit est un dictateur à visage d’ange et un manipulateur professionnel de la bourgeoisie thaïlandaise. C’est ce qu’il y a de plus dangereux dans le monde d’aujourd’hui !

  • Oui JFR tu a raison. c’est un article partisan d’un anti taksin primaire.
    Il est normal que tous les hommes politiques soient jujés pour leurs actes surtout lorsqu’ils sont au service des riches et des puissants comme c’est le cas avec Abbisit.