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Viktor Bout reste en Thaïlande

Viktor Bout alias le «Marchand de mort» reste pour le moment en Thaïlande, et sauf surprise devrait bientôt être remis en liberté, car la justice du royaume n’a en fait pas grand chose à lui reprocher. La demande d’extradition vers les États-Unis du supposé trafiquant d’armes russe a été rejetée par la justice thaïlandaise.

Les États-Unis par le biais de James Entwistle, de l’ambassade des États-Unis à Bangkok s’est déclaré «déçu» et «surpris» par le verdict, qui peut encore faire l’objet d’un appel. Depuis le début, la Thaïlande semble bien embarrassée avec cette affaire, et de nombreux commentateurs doutent de la culpabilité de Bout, et voient plus dans cette opération une façon de déstabiliser la Russie.

L’affaire Viktor Bout avait commencé de manière spectaculaire le 6 mars 2008, avec son arrestation dans un hôtel, en  plein coeur Bangkok après avoir été piégé par des agents américains. Ils  se faisaient passer pour des responsables de la guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) cherchant à acheter des armes.

Viktor Bout lors de son arrestation à Bangkok en mars 2008
Viktor Bout lors de son arrestation à Bangkok en mars 2008

Le scénario mis en place par les américains a tout du traquenard : franchement, les Farc ont-ils vraiment besoin d’un trafiquant russe pour s’approvisionner en armes, alors qu’ils sont déjà arrosé de munitions et d’armes en tout genre par Hugo Chavez…. Mais devinez où s’approvisionne Chavez  ? En Russie bien entendu, et c’est sans doute cela qui irrite Washington. En 2006 le dictateur vénézuelien avait fait grand bruit en achetant quelques 100.000 kalachnikovs à la Russie pour un montant de 54 millions de dollars (42 millions d’euros).

Circonstance aggravante pour les américains : l’accord prévoit également la construction d’usines au Venezuela pour la fabrication de kalachnikovs sous licence russe.

«Viktor Bout n’est pas un vendeur d’armes, mais la Russie l’est, ce procès est contre la Russie»

a déclaré  Richard Tchitchali, défenseur de Bout interrogé par les médias russe

La Russie est le deuxième exportateur d’armes dans le monde après les États-Unis, et dans ces conditions il n’est pas évident de savoir où se situe la limite entre un trafiquant et un honnête vendeur d’armes ? Surtout quand on parle de marché comme l’Afrique ou l’Amérique latine, où les mouvements indépendantistes et les guérillas sont légion.

Pour justifier son rejet d’extrader Viktor Bout, le juge thaïlandais a  expliqué que les Farc avaient été placées sur une liste d’organisations terroristes par les Nations Unies et les Etats-Unis, mais pas par la Thaïlande. Bout risque la prison vie si il est extradé devant la justice américaine.
La biographie de Viktor  Bout reste en grande partie à écrire : quarante-deux ans, né au Tadjikistan et parlant plusieurs langues, il aurait appris l’anglais, le français, mais aussi le persan et le zoulou. Il aurait vécu aux Émirats arabes unis, puis en Afrique du Sud. Ancien officier de l’armée de l’air soviétique, Viktor Bout est accusé d’avoir vendu des armes aux quatre coins de la planète, y compris pour des pays placés sous embargo a sur la vente d’armes par l’ONU, comme l’Angola, Sierra Leone, République démocratique du Congo… Bout, dont la vie a inspiré un livre – “Le marchand de mort” – et un film – “Lord of War” – aurait réalisé ces trafics grâce à plusieurs compagnies aériennes, dont Air Cess, basée à Sharjah, aux Emirats arabes unis.

Faisant l’objet d’un mandat d’arrêt international, il se réfugie en 2001 à Moscou, où il échappe aux tentatives d’arrestation grâce à ses cinq passeports, et ses différentes identités.À partir de 2002 et d’une plainte de la Belgique pour le blanchiment de 325 millions de dollars, Interpol recherche Viktor Bout, mais ce n’est qu’en avril 2005, que le Trésor américain gèle ses comptes aux Etats Unis.

Par Redaction Bangkok

La rédaction de thailande-fr est installée à Bangkok depuis 2007, avec un rédacteur en chef, des pigistes, et des stagiaires d'écoles de journalisme et de communication.

  • Ce sont les Etats-Unis qui sont le plus important fournisseur d’armes dans le monde.

    Cette evidence devrait etre soulignee dans tout article traitant du sujet.

    Et si Hugo Chavez s’approvisionne bien en Russie, il s’agit de contrats traites entre Etats souverains et qui ne necessitent pas d’intermediaires douteux du genre de Monsieur V. Bout.

    En fait, les Etats-Unis ne cherchent qu’a evincer leurs principaux concurrents. Et ce n’est que par des ukases ideologiques, du genre : “vous etes avec nous ou contre nous” qu’ils justifient leur refus de livrer des armes a certains pays. Si le Venezuela appliquait la meme doctrine, plus une goutte de son petrole ne serait achemine vers les USA.