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Disparition d’un vol de la Malaysia Airlines : l’hypothèse terroriste

Le mystère continue à planer sur le Boeing 777-200 de la Malaysia Airlines disparu des écrans radar au dessus de la mer de Chine méridionale dans la nuit du vendredi 7 au samedi 8 mars.

Le mystère continue à planer sur le Boeing 777-200 de la Malaysia Airlines disparu des écrans radar au dessus de la mer de Chine méridionale dans la nuit du vendredi 7 au samedi 8 mars.

Le vol MH 370 reliait Kuala Lumpur, capitale de la Malaisie, à Pékin et transportait 227 passagers, dont 152 Chinois, 38 Malaisiens et 4 français, ainsi que douze membres d’équipage. Lundi 10 mars les recherches de débris de l’appareil ainsi que d’éventuels survivants n’avaient encore abouti à aucun résultat.

De nombreuses hypothèses ont vu le jour pour essayer d’expliquer la disparition brutale du Boeing 777 de la compagnie nationale malaisienne. Panne de moteur, suicide du pilote, ou encore brusque dépressurisation de l’appareil – autant de pistes qui demeurent en suspens. Mais pour l‘heure, les enquêteurs semblent de plus en plus écarter l’hypothèse d’un accident du à un problème technique.

Plusieurs faits surprenants comme un demi-tour suspect de l’avion quelques minutes avant sa disparition, ainsi que l’absence de signal de détresse (alors que l’appareil se trouvait à haute altitude) semblent de fait orienter l’enquête vers l’hypothèse d’un acte terroriste. Les autorités malaisiennes ont d’ailleurs ouvert une enquête à cet égard. Le peu de débris retrouvé jusqu’à présent est même analysé par certains spécialistes comme un signe d’un possible attentat à la bombe.

L’élément le plus troublant est la découverte dans la liste des passagers d’au moins  deux personnes ayant utilisé des passeports volés lors de l’enregistrement et de l’achat des billets.

« Nous sommes en face de quelque chose d’extrêmement surprenant. Avec deux passeports volés (à bord), nous suspectons que l’option (terroriste) soit la bonne »

analyse Jason Middelton, directeur d’une université d’aviation au Pays de Galles.

 

Deux passeports volés en Thaïlande

Dans le cadre de cette enquête, la Thaïlande se trouve en première ligne. Les investigations ont en effet permis de mettre en lumière que les deux passeports (l’un italien, l’autre autrichien) avaient été volés à des touristes sur l’île touristique de Phuket (dans le sud de la Thaïlande). De plus, selon une information exclusive de l’AFP, les billets ont été achetés au même moment et au même endroit par les deux passagers suspects dans la ville de Pattaya, la célèbre station balnéaire à l’est de Bangkok – ce qui exclut donc une coïncidence. La police thaïlandaise a lancé une opération contre le réseau de trafiquants basé à Phuket et soupçonné d’avoir volé les passeport.

« Nous voulons savoir si ces passeports ont été volés ou perdus, et si un gang est derrière la sortie des passeports du territoire Thaïlandais »

déclare le lieutenant Général Panaya Mamen de la police thaïlandaise.

Rien ne permet pour autant d’établir un lien entre l’hypothèse d’un acte,terroriste et les séparatistes musulmans de culture malaise du sud de la Thaïlande. En guerre contre l’Etat central thaïlandais depuis 2004, ces séparatistes musulmans ont multiplié les attentats à la bombe et les attaques dans le cadre d’un conflit qui a causé 6000 morts. Cette piste parait, de fait, peu plausible, car jamais les séparatistes du sud n’ont étendu leur campagne violente en dehors des trois provinces du sud thaïlandais.

Par ailleurs, l’appareil transportait, pour plus des deux tiers de ses passagers, des chinois et avait pour destination Pékin. Aucun Thaïlandais n’était à bord. Autant d’éléments qui semblent écarter la piste d’un acte terroriste des séparatistes thaïlandais et donnent plus de poids à une éventuelle implication des séparatistes ouighours, de la région à majorité musulmane du Xinjiang, dans l’ouest de la Chine. Une série d’attaques meurtrières à l’arme blanche une semaine avant la disparition du vol MH370 a eu lieu dans la gare de Kunming dans le sud-ouest de la Chine. Les autorités chinoises ont immédiatement accusé les séparatistes ouighours.

Ainsi, la Thaïlande pourrait n’avoir été que le lieu d’obtention des faux passeports, et non pas la source d’éventuels terroristes.

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