Le gouvernement a déclaré une période de 90 jours de guerre contre la drogue au niveau national et a nommé le ministre de l’Intérieur Kowit Wattana comme responsable de la lutte contre le trafic de drogue. La précédente campagne de ce type menée par le gouvernement Thaksin en 2003 et 2004 avait fait plus de 2500 victimes, pour la plupart exécutées sommairement dans des conditions mal éclaircies.

Ce triste bilan n’a pas empêché l’actuel premier ministre de vouloir relancer l’expérience en déclarant que cette nouvelle campagne pourrait être considérée comme la suite de la précédente campagne  lancée sous Thaksin. Mais le premier ministre a dit que cette fois les autorités vont prendre des mesures pour prévenir les meurtres de suspects. En 2004, plusieurs associations de défenses des droits de l’homme avaient dénoncées les conséquences de la répression aveugles contre le trafic de drogue.

Bien que les trafiquants de drogue soient les cibles déclarées de cette guerre, des toxicomanes non accusés de trafic ont été persécutés et forcés de se cacher, ce qui les empêche d’avoir accès aux programmes d’échange de seringues et autres services de prévention du VIH. Bon nombre de drogués par injection risquent d’être infectés par le VIH en partageant des seringues contaminées.

La répression menée par le gouvernement thaïlandais a débuté en février 2003, officiellement pour juguler le commerce de comprimés de méthamphétamine, localement connus sous le nom de ya baa ou « pilules qui rendent fou ». En trois mois, 2.275 suspects auraient été tués. Un grand nombre de prétendus dealers se sont retrouvés sur des « listes noires » trop hâtivement dressées par le gouvernement et ont reçu l’ordre de se présenter à la police. Beaucoup ont été abattus par des tireurs inconnus peu après avoir quitté le poste de police.

avait alors annoncé Human Rights Watch.

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