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La directrice de Prachatai arrêtée et libérée sous caution

La directrice du site d’informations Prachatai a été arrêtée à Bangkok, alors qu’elle rentrait en Thailande d’une conférence internationale en Hongrie sur la liberté d’expression et Internet. Reporters sans frontières a qualifié de “inadmissible” cette arrestation et demande l’abandon des poursuites contre la directrice du site.

La directrice du site d’informations Prachatai a été arrêtée à Bangkok, alors qu’elle rentrait en Thailande d’une conférence internationale en Hongrie sur la liberté d’expression et Internet. Reporters sans frontières a qualifié de “inadmissible” cette arrestation et demande l’abandon des poursuites contre la directrice du site.

Le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) condamne aussi  l’arrestation de Chiranuch Premchaiporn, rédacteur en chef du site Web  thaïlandais de nouvelles Prachatai, accusée d’avoir insulté la famille royale. Selon le CPJ la nouvelle arrestation de Chiranuch intervient alors que la répression s’intensifie sur les médias thaïlandais. Selon des recherches du CPJ, depuis la loi instituant un état d’urgence le 7 avril, le gouvernement le gouvernement thaïlandais a fermé de nombreuses télévisions par satellite, radios communautaires, publications imprimées et sites web défendant les positions  du Front uni-anti pour la démocratie contre la dictature (UDD) .

L'ecran visible par les internautes thaïlandais lorsqu'ils tentent d'acceder au site Prachatai.com

Chiranuch Premchaipoen, directrice du site d’informations Prachatai.com, a été arrêtée à son arrivée à l’aéroport Suvarnabhumi de Bangkok, le 24 septembre 2010. La police lui a présenté un mandat d’arrêt du tribunal provincial de Khon Kaen. Elle est accusée de diffamation envers la famille royale, en violation des articles 14 et 15 du « Computer Crimes Act » (loi sur la cybercriminalité) ainsi que de l’article 112 du code pénal. La plainte aurait été déposée le 11 août 2008 par M. Sunimit Chirasuk, résident de la province de Khon Kaen.

Jointe par Reporters sans frontières, Chiranuch Premchaipoen, dit Jiew, a pu confirmer qu’elle était dans une voiture de police en direction de la province de Khon Kaen (nord-est du pays).

Nous demandons la libération immédiate de Chiranuch Premchaipoen et l’abandon des charges qui pèsent à son encontre, sans quoi nous assisterons à nouveau à une instrumentalisation de la loi sur la cybercriminalité pour faire taire les voix critiques. Prachatai est une source d’informations fiable, qui a réussi à continuer à informer le public des événements de ces derniers mois dans le pays. Les autorités devraient par ailleurs prendre en compte le fait que Prachatai a décidé de fermer son forum en juillet 2010 en raison des difficultés de contrôler les commentaires. Cette arrestation est d’autant plus inadmissible qu’elle intervient au moment où la journaliste rentrait d’une conférence internationale sur la liberté d’expression en ligne.

Chiranuch Premchaipoen avait été conviée à la conférence « Internet at Liberty 2010 » organisée par Google et l’Université d’Europe centrale à Budapest, et qui réunissait plusieurs centaines de blogueurs de plus de 70 nationalités différentes, du 20 au 22 septembre dernier. Lien. Elle avait déjà été retenue par l’immigration à l’aéroport de Bangkok lors de son départ. A son retour, elle a été de nouveau retenue, puis arrêtée. L’un des responsables de l’enquête, le policier Chachapong Pongsuwan, a déclaré qu’il estimait normal que Chiranuch Premchaipoen n’ait jamais été informée de la plainte déposée par M. Sunimit Chirasuk auparavant car il s’agit, selon lui, d’un « cas grave ».

La journaliste avait déjà été arrêtée, dans une autre affaire, le 31 mars 2010, et inculpée du crime de lèse-majesté. Elle avait été libérée au bout de trois heures et demie. Sa sœur s’était portée garante du paiement de la caution de 300 000 bahts (environ 7000 euros). Poursuivie en vertu du « Computer Crimes Act » et de la loi sur le crime de lèse-majesté, accusée de n’avoir pas retiré assez rapidemment du site une dizaine de commentaires considérés offensants pour la monarchie, elle risque jusqu’à 50 ans de prison. Elle avait pourtant rapidement retiré les messages incriminés après en avoir été notifiée en 2008.

La Thailande fait partie des “Pays sous surveillance” listés par Reporters sans frontières dans son rapport sur les Ennemis d’Internet publié le 11 mars 2010.

Sources :

http://fr.rsf.org/thailande-la-directrice-du-site-d-24-09-2010,38439.html

http://cpj.org/2010/09/police-arrest-thai-web-editor-on-anti-crown-charge.php

Par Redaction Bangkok

La rédaction de thailande-fr est installée à Bangkok depuis 2007, avec un rédacteur en chef, des pigistes, et des stagiaires d'écoles de journalisme et de communication.