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L’opération coup de poing menée à Koh Phangan en janvier 2026 marque un tournant dans la politique économique du Royaume. Entre perquisitions massives et durcissement législatif, le gouvernement a déclaré la guerre aux structures opaques qui emploient des « nominees » thaïlandais pour contourner la loi sur les investissements étrangers.

Les autorités thaïlandaises, via le Département du Développement Commercial (DBD), ont identifié précisément 21 459 sociétés suspectes cette année, avec une attention particulière portée sur Phuket, Ko Samui et Pattaya.

Le détonateur : 25 raids à Koh Phangan

Tout a basculé le mois dernier sur l’île de Koh Phangan. Dans une opération coordonnée d’une rare envergure, près de 170 officiers de la police provinciale de Surat Thani, de l’immigration et de la police touristique ont pris d’assaut 25 sites stratégiques. Le bilan est lourd : 22 restaurants, deux hôtels et une boutique ont été perquisitionnés, menant à l’inculpation de 35 individus et entreprises.

Si les arrestations concernent en partie du travail illégal, le cœur de l’offensive vise un mal plus profond : les infractions liées aux « sociétés prête-noms ».

Qu’est-ce qu’un « prête-nom » (nominee) ?

Pour le grand public, le terme peut paraître technique, mais son mécanisme est simple. En Thaïlande, la Loi sur les entreprises étrangères (Foreign Business Act) interdit aux non-Thaïlandais de posséder plus de 49 % des parts d’une entreprise.

Une société prête-nom (ou nominee company) est une structure où un, ou plusieurs, citoyens thaïlandais acceptent de figurer comme actionnaire majoritaire (à 51 % ou plus) sur les documents officiels, alors qu’en réalité, il n’ont investi aucun capital et n’exerce aucun pouvoir de décision. Il « prête » simplement son nom et sa nationalité à un investisseur étranger pour permettre à ce dernier de contrôler l’entreprise illégalement à 100 %.

Pourquoi ce durcissement en 2026 ?

Cette opération à Koh Phangan n’est pas un événement isolé. Elle s’inscrit dans une offensive nationale sans précédent : le ministère du Commerce, en collaboration étroite avec 17 agences gouvernementales, a lancé une traque massive contre les prête-noms et les comptes de substitution (proxy), ciblant plus de 21 000 entreprises à travers le pays.

L’objectif affiché par le général de division Narongrit Dansuwan est double. Premièrement économique : s’assurer que les bénéfices du tourisme profitent réellement aux citoyens thaïlandais et non à des capitaux étrangers dissimulés. Ensuite sécuritaire : Empêcher que ces structures de façade ne servent au blanchiment d’argent ou à l’accaparement illégal de terres protégées.

Les risques encourus : Un avertissement aux investisseurs

Le temps de la simple amende administrative semble révolu. Aujourd’hui, les sanctions sont pénales et radicales :

  • Peines de prison : Jusqu’à trois ans d’emprisonnement pour l’investisseur étranger et pour le prête-nom thaïlandais.
  • Amendes : De 100 000 à 1 million de bahts.
  • Dissolution : Fermeture immédiate de l’établissement et révocation des visas.

Désormais, le DBD utilise des outils numériques pour détecter les anomalies, comme des actionnaires thaïlandais incapables de justifier l’origine des fonds investis ou une seule adresse hébergeant des dizaines de sociétés différentes.

L’intervention à Koh Phangan en ce début d’année 2026 résonne comme un avertissement clair pour la communauté expatriée et les investisseurs internationaux. La Thaïlande réaffirme son ouverture aux capitaux étrangers tout en exigeant désormais une transparence irréprochable. Pour réussir leur implantation, les investisseurs doivent abandonner les « montages gris » au profit de structures légales solides, telles que celles proposées par le Board of Investment (BOI).

2 comments
  1. il suffit de voir les immenses buildings luxueux construit par les russes à Pattaya à des fins de ventes de condos dont les bénéfices ne reste pas en thailande

  2. Bonjour,

    Il va falloir que la Thaïlande change ses lois sur les entreprises.

    Il y a très peu de thaïlandais qui peuvent investir autant qu’un étranger.

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