thaifood scaled - thailande-fr

Forte d’une culture culinaire millénaire aux influences multiples, la Thaïlande a élevé son art de la table à une véritable culture  séduisant les touristes du monde entier.  Mais cet art repose néanmoins sur des règles implicites de savoir-vivre, souvent mal interprétées par les occidentaux, ce qui peut engendrer des malentendus lors de repas officiels ou professionnels.

Voici une liste des règles les plus importantes à connaître. 

Le plan de table : ancienneté et rang social

Dans un pays ou le respect des aînés et de la hiérarchie, valeur bouddhiste, est un des piliers de la société, rien de plus normal. Dans une rencontre formelle au restaurant, il est donc de bon ton que l’aîné de la tablée assure seul la commande des plats au serveur. Dans un contexte professionnel (ou vous le devinez demander l’âge de tout le monde n’est guère poli) c’est celui qui occupe le rang social ou la position hiérarchique la plus élevée qui commandera, et paiera, également l’addition.

Vous avez une envie particulière ? Pas de panique, il vous suffit de lui signifier votre désir d’un tel ou d’un tel plat pour qu’il le commande pour vous. Laissez-le enfin commencer le repas et prendre la première bouchée.

Fourchette ou baguettes ? Attention aux couverts 

Au pays du sourire chaque couvert a sa spécificité et on s’en sert convenablement. Si l’imaginaire occidental se plaît à imaginer toute l’asie manger avec des baguettes, cela n’est pas le cas en Thaïlande. Ici on mange sans couteau certes, mais avec une cuillère faisant figure de contenant et une fourchette, qu’on utilisera pour pousser les aliments dans la cuillère. Si on vous apporte quand même des baguettes ? Vous mangez sûrement un plat d’origine chinoise.

La riche immigration chinoise présente dans le pays depuis le XIIIème siècle a influencé durablement tous les domaines de la société thaïe notamment, sa gastronomie, si bien que les soupes à base de nouille, (innovation culinaire venue de chine) se mangent exclusivement de cette façon. Enfin faites attention si vous êtes dans les campagnes du nord, certains plats se mangent dans ce contexte avec les mains.

Faites preuve d’altruisme et acceptez votre statut d’invité de marque

Manger en thaïlande c’est aussi avoir de l’égard pour les autres. Le repas thaï est articulé comme une multitude de plats sur la table dans lequel tous les convives peuvent piocher. Si vous avez une préférence pour un plat particulier, vos convives prendraient donc mal le fait de ne pas le partager. Prenez, et servez-vous de tous les plats autour de la table en petite quantité pour être sûr d’en laisser pour tous.

Cette attention peut, en plus, être récompensée : si vos convives estiment que vous êtes un invité plus important que les autres, il est de coutume de vous laisser les morceaux les plus délicats de chaque plats. Acceptez cordialement cette distinction. 

Prenez garde aux symboles… 

Il va de soi que dans un pays majoritairement bouddhiste ceux-ci sont très différents et surtout présents dans beaucoup plus d’aspects de la vie. 

Le corps d’abord, est vecteur de traditions diverses. La tête étant le symbole ultime de sacralité et de pureté, il est donc essentiel de ne pas trop la baisser pour porter votre ustensile à votre bouche. A l’inverse le bas et notamment les pieds sont tout le contraire vus comme impurs. Prenez garde à ne pas les étendre et toucher ceux d’un de vos convives avec.

La symbolique des baguettes est extrêmement très importante : ne les plantez pas toutes droites, on y verrait une allégorie des bâtons d’encens qu’on utilise pour veiller les défunts, donc un symbole de mort.

Ne les croisez pas non plus ; c’est signe de malchance. Enfin ne jouez pas avec et ne les pointez pas en direction de qui que ce soit, cela serait extrêmement impoli.

Le riz aliment et symbole essentiel

Ce n’est pas pour rien que en thaï l’expression “กินข้าว” (kin khao)  signifiant manger se traduit littéralement par “manger du riz”. Symbole de vie et de prospérité de tout le pays, il est l’aliment le plus exporté (la Thaïlande en fut longtemps le premier exportateur) et le plus consommé : entre 100 et 105 kg en moyenne par personne et par an.

Une déesse issue des croyances animistes antiques Mae Khao                        (littéralement la mère du riz) est au centre encore aujourd’hui l’objet d’offrandes et de bénédictions lors de cérémonies dans tout le pays. Si il est de bon ton de toujours laisser quelque chose dans l’assiette pour montrer à ses hôtes qu’on a bien mangé, autant le riz doit être consommé jusqu’au dernier grain au risque d’être vu comme une offense à la déesse Mae Khao…  N’en perdez donc pas une miette.

Bonus : se faire plaisir

La cuisine est quelque soit le pays dans le monde une affaire de partage et de plaisir. La diversité des mets que vous goûterez ne laissera pas vos sens intact.

Lâchez prise et laissez vous porter par la richesse de cette culture culinaire