Maintenant que les manifestations de la PAD sont terminées, il faudra bien se poser la question des responsabilités. Plusieurs personnes sont mortes dans les affrontements entre factions rivales dans Bangkok, et un cadavre abandonné à même été retrouvé hier dans l’aéroport de Don Mueang. Les contrôles de police ont aussi montré que les manifestants de la PAD, étaient pour certains, lourdement armés.
Le gouvernement thaïlandais, ses alliés et les mouvements antigouvernementaux doivent à présent s’engager à mettre fin aux atteintes aux droits humains, ont indiqué dans une déclaration conjointe Amnesty International et Human Rights Watch.

Image de la télé thailandaise montrant de manifestants armés dans les rues de Bangkok
Image de la télé thaïlandaise montrant des manifestants armés dans les rues de Bangkok

Les deux organisations ont également appelé le gouvernement thaïlandais à créer une commission indépendante chargée de diligenter une enquête efficace et impartiale sur les violences à caractère politique commises par toutes les parties au cours des derniers mois, et à veiller à ce que les responsables présumés répondent de leurs actes.

Les risques de violences subsistent. Le PAD a déclaré que les manifestations pouvaient reprendre si une personne considérée comme étant l’homme de paille du Premier ministre Thaksin Shinawatra, comme ce fut le cas pour Somchai Wongsawat, formait un nouveau parti et un nouveau gouvernement, et prenait le poste de Premier ministre.

« Les membres du PAD, les mouvements pro-gouvernementaux et les autorités gouvernementales responsables de violences et d’autres atteintes aux droits humains doivent répondre de leurs actes devant la justice « 

a déclaré Sam Zarifi, directeur du programme Asie-Pacifique d’Amnesty International.
Durant ces derniers mois marqués par des troubles politiques, la police a parfois recouru à une force excessive pour disperser les manifestants du PAD. L’épisode le plus violent a eu lieu le 7 octobre, quand la police a utilisé du gaz lacrymogène et tiré des balles en caoutchouc pour disperser environ deux milliers de manifestants devant le Parlement.

Les reportages des médias et les récits de témoins indiquent que les policiers ont tiré des grenades de gaz lacrymogène à bout portant et directement sur les manifestants. Deux sympathisants du PAD sont morts et 443 personnes ont été blessées ; quatre d’entre elles ont dû subir une amputation. Une vingtaine de policiers ont été blessés par des manifestants du PAD qui étaient armés de pistolets ou de frondes ou qui jetaient des briques ou des tubes en métal. Des policiers ont aussi été renversés par des camionnettes ou frappés à coups de mât.
Bien que la PAD affirme être un mouvement non violent et non armé, ses dirigeants ont armé de nombreux sympathisants et n’ont visiblement rien fait pour désarmer ceux qui le soutiennent. Un grand nombre de manifestants et d’agents du service de sécurité du PAD armés de pistolets, d’explosifs, de couteaux et de machettes ont été arrêtés à des postes de contrôle de la police mis en place dans toute la ville de Bangkok.

Le dirigeant de la PAD Sonthi Limthongkul, qui ne dormait pas sur les sites où étaient rassemblés les manifestants, a diffusé un message à la télévision et sur Internet le 28 novembre. Il a dit aux manifestants et aux agents armés du service de sécurité du PAD qu’ils devaient avoir la volonté de sacrifier leur vie pour défendre les sites des manifestations.

« Nous protégerons nos bastions, a-t-il déclaré. Si nous devons mourir, qu’il en soit ainsi […] Ne vous inquiétez pas, frères et sœurs […] Soyez prêts à verser votre sang si cela est nécessaire […] Nos revendications sont justes et constitutionnelles […] Nous ne laisserons pas entrer la police. Si elle donne l’assaut et tire sur nous, alors nous riposterons. »

Des propos qui sous d’autres latitudes relèvent des tribunaux, ainsi que l’arsenal qui a été saisi sur certains militants de la PAD.

La police thaïlandaise a signalé avoir arrêté un agent du service de sécurité du PAD ayant avec lui un pistolet mitrailleur, un pistolet, un couteau, des grenades artisanales et une grande quantité de munitions, le 25 novembre. Trois jours après, 17 manifestants du PAD ont été arrêtés à un poste de contrôle de la police alors qu’ils tentaient d’utiliser une camionnette portant l’emblème de la Croix-Rouge afin d’apporter illégalement des armes sur le site de l’aéroport international de Suvarnabumi, où se trouvaient des manifestants.

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1 commentaire

  1. Je trouve étonnant que vous occultiez les attaques dont ont été objet les manifestants du PAD. Rien sur les attaques de UdonThani, rien sur les grenadages, rien sur le lynchage du père d’un sympathisant du PAD à ChiangMai etc etc …

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