Suwicha Thakor avait été arrêté en février 2009 dans la province de Nakhon Phanom (Nord-Est) et avait été condamné à dix ans de prison par la Cour criminelle de Ratchada (nord-est de Bangkok), le 3 avril 2009, pour “crime de lèse-majesté”.

Le crime de lèse-majesté à bon dos en Thaïlande, et son emploi inconsidéré attire de plus en plus l’attention des organisations de défende des droits de l’homme et de la liberté d’expression. Amnesty International et RSF protestent régulièrement contre l’ augmentation du nombre de personnes inculpées au titre de la loi de lèse-majesté, et la censure qui sévit de manière de plus en plus fréquente sur Internet.

Amnesty International a reconnu que la Thaïlande avait fait des progrès considérables – sous la direction de Sa Majesté le roi Bhumibol Adulyadej – dans le domaine des droits humains au cours des dernières décennies, ce qui rend le renversement de tendance en matière de liberté d’expression d’autant plus inquiétant.

La Thaïlande fait partie des "Pays sous surveillance" listés par Reporters sans frontières dans son rapport sur les Ennemis d’Internet publié le 11 mars 2010.

Reporters sans frontières se réjouit de la libération de Suwicha Thakor, mais l’organisation continue de dénoncer l’instrumentalisation du crime de lèse-majesté et demande la réforme de cette loi. L’application de la loi de lèse-majesté amène inévitablement à des applications injustes : elle porte directement atteinte à la liberté d’expression et les peines prononcées sont disproportionnées, allant de 3 ans à 15 ans de prison. Si les manifestations violentes ont pris fin à Bangkok, la “bataille” se tient toujours sur la Toile où au moins 5000 pages sont toujours censurées.

“La prison c’était très dur. Au début j’étais complètement bouleversé. J’ai touché le fond ! Il fallait que je me batte pour survivre. Heureusement, ma famille m’a rendu visite régulièrement. J’ai tenu le coup en suivant l’enseignement du bouddhisme, en pratiquant la méditation. Je me sens maintenant en pleine forme, mais j’ai perdu mon travail. Je vais probablement devenir bonze pour quelque temps.

Je continue de penser douloureusement aux quatre ou cinq personnes qui sont toujours en prison pour crime de lèse-majesté, aux prisonniers politiques et aux autres détenus. La situation actuelle en Thaïlande est vraiment préoccupante. C’est une période difficile pour le pays. Je remercie tous ceux qui m’ont aidé et notamment Reporters sans frontières qui a maintenu la pression durant tout le temps de ma détention”,

a déclaré Suwicha Thakor à Reporters sans frontières, après sa libération.

Le 28 juin 2010, Bhumibol Adulyadej, roi de Thaïlande, a gracié Suwicha Thakor. Ce simple internaute avait été condamné à dix ans de prison par la Cour criminelle de Ratchada (nord-est de Bangkok), le 3 avril 2009, pour “crime de lèse-majesté”.

Suwicha Thakor avait été arrêté en février 2009 dans la province de Nakhon Phanom (Nord-Est). Il était accusé d’avoir utilisé un logiciel pour modifier des photos de la famille royale avant de les diffuser sur le Web.

Le 17 juin, le nouveau ministre thaïlandais des TIC a annoncé avoir dressé une liste noire de 200 personnes auxquelles il est interdit d’écrire sur Internet.

La fermeture de la télévision par satellite et des radios communautaires pro UDD, ainsi que la censure d’Internet dans les trois derniers mois, ont encore terni l’image du royaume en ce qui concerne la liberté d’expression et le droit à l’information. Pourtant la Thaïlande a été le premier pays de l’Asean à instituer une liberté d’information dans la loi en 1997.

Le 31 mars 2010, Chiranuch Premchaipoen, directrice du site d’informations Prachatai.com, a été arrêtée. Elle a été libérée au bout de trois heures après que sa sœur se soit portée garante du paiement de la caution de 300000 bahts (environ 6000 euros). La journaliste est accusée de n’avoir pas retiré assez rapidement du site une dizaine de commentaires considérés comme offensants pour la monarchie. Elle risque jusqu’à 50 ans de prison en vertu du Computer Crimes Act (loi sur la cybercriminalité).

Du coup la Thaïlande  se retrouve en compagnie de la Malaisie et du Vietnam pour le classement de la liberté de la presse dans le monde de RSF à la 130e place. La Thaïlande reste toujours sur la liste de surveillance de RSF en ce qui concerne Internet. La fin du règne du roi Bumibol Adulyadej approchant, la monarchie devient un sujet de plus en plus sensible.

Début janvier 2009, la ministre de l’Information et de la Communication a annoncé que le gouvernement allait investir 500 millions de bahts (1,1 million d’euros) afin de mettre en place un filtre national consacré au blocage des sites Internet hébergés à l’extérieur des frontières du royaume, qui porteraient atteinte à la monarchie. Selon Reporters sans frontières “La législation thaïe sur le crime de lèse-majesté fait partie des plus sévères au monde. Elle empiète régulièrement sur le principe de la liberté d’expression.”

1 comment
  1. Il faut défendre la loi thai qui institue le crime de lèse majesté. De nos jours, beaucoup de personnes ne respectent rien, et le Roi est une autorité morale en plus d’être une personne comme toute les autres, il doit donc être “doublement” respecté. Il faut que la loi thai reste très stricte, c’est très bien comme cela. Les personnes qui en subissent les conséquences sont des imbéciles ou des gens qui ne savent pas ce que sont les valeurs de dignité et de respect. les peines de prison leurs permettront de réfléchir.

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