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La 3G arrive en Thaïlande: info ou intox?

La Thaïlande est aujourd’hui le seul pays de l’Asean qui ne dispose pas d’un réseau de 3G de téléphonie mobile, déjà accessible dans 154 pays dans le monde selon le dernier rapport de l’Union Internationale des Télécommunications. Les choses se sont accélérées depuis peu avec l’apparition d’une offre DTAC, True Move et AIS en 3G, du moins en apparence….

Il y a maintenant dix ans, le Japon était le premier pays au monde à lancer un réseau téléphonique troisième génération (3G). Une décennie plus tard, après de nombreux atermoiements et d’innombrables arguties juridiques, il semble que la Thaïlande avance péniblement sur le dossier.

La Thaïlande est aujourd’hui le seul pays de l’Asean qui ne dispose pas d’un réseau de 3G de téléphonie mobile, déjà accessible dans 154 pays dans le monde selon le dernier rapport de l’Union Internationale des Télécommunications

Les choses semblent pourtant commencer a bouger depuis que les trois principaux opérateurs thaïlandais de téléphone mobile – DTAC, True Move et AIS – ont coup sur coup officiellement lancé un service commercial pour la 3G. Mais s’agit-il véritablement de 3G, ou d’un replâtrage autour d’une 2G ?

Malgré ces lancements en grande pompe et à grands renforts de publicité, la 3G proposée n’est pas encore optimale et, surtout, se situe dans un flou juridique.

La 3G telle qu’elle est proposée actuellement n’est pas disponible partout. Seule les plus grandes villes et places fortes du tourisme sont desservies par un réseau, qui après examen se révèle être plus proche d’un réseau 2G amélioré que d’un véritable service de 3ème génération.

Qui plus est, suivant où l’on se trouve dans les villes desservies, particulièrement à Bangkok, et le nombre d’utilisateurs simultanés sur le réseau, ainsi que l’abonnement choisi, la vitesse de chargement peut varier et n’avoir rien d’impressionnante, ne permettant pas d’utiliser pleinement certaines fonctionnalités des Smartphones.

Imbroglio juridique et lourdeur bureaucratique

La technologie 3G permet entres autres, lorsqu’elle fonctionne à plein régime, de surfer sur internet plus rapidement, de télécharger de la musique ou encore de voir son correspondant lors d’un appel (visiophonie). Au-delà du « gadget », la 3G permet le développement de toute une forme de micro-économie (accès à l’information facilité pour les professionnels), de micro-finance (paiement avec son portable), ou encore d’éducation à distance.

Dans son dernier rapport sur les technologies de l’information et de la communication (TIC), l’UIT note

Les services large bande mobiles (“3G”) progressent aussi rapidement; fin 2010, 154 (sur 165) pays avaient mis en place des 3G. L’accès à l’Internet hertzien large bande reste le secteur le plus porteur et le large bande mobile est en plein essor dans les pays en développement, où son taux de croissance a été de 160% entre 2009 et 2010.

Dommage pour les Thaïlandais :  les blocages juridiques  successifs sont les causes premières du retard qu’a pris la Thaïlande face à ces voisins en termes d’équipements 3G. L’an dernier, une mise aux enchères de licences 3G aux opérateurs privés a échoué après que les deux entreprises nationales de télécom – TOT et CAT – aient fait appel à la justice pour annuler la procédure.

Une 3G “Canada Dry” ?

Bloqués par cette décision de justice qui ne leur permet pas de proposer un service 3G grâce à de nouvelles licences sur la fréquence 2100 MHz, DTAC et AIS ont alors simplement amélioré leur service de transmission de données en utilisant leur licence 2G et la même fréquence (900 MHz). Ça ressemble à de la 3G, ça a le gout de la 3G… mais, ce n’est que de la 2G boostée et vendue comme de la 3G. En Thaïlande on est avant tout pragmatique et pas à un G près quand il s’agit de faire du marketin…

iphone_dtac_truemove
Tant que la 3G ne tournera pas à plein régime, tous les fonctionnalités des smartphones ne peuvent être utilisés.

CAT et TOT n’ont pas apprécié la manœuvre, arguant que la licence qu’ils avaient octroyé à ces deux opérateurs privés ne devait être utilisée que pour la 2G, et qu’ils devaient attendre l’obtention d’une nouvelle licence pour proposer un service commercial troisième génération. Des plaintes ont été déposées par les entreprises nationales à l’encontre de ces deux opérateurs privés.

Wichian Mektrakarn, directeur général d’AIS, a précisé que sa compagnie devait aller de l’avant en lançant un service commercial 3G afin de rester compétitif dans la mesure où personne ne sait quand le gouvernement lancera une mise aux enchères des licences 3G adaptés aux standards internationaux, en utilisant la fréquence 2100 Mégahertz.

Il a par ailleurs admis que l’amélioration récente des services de sa société via la fréquence 900 MHz ne permettait pas de fournir un réseau 3G optimal.

10 ans pour élire une commission

L’autre bonne nouvelle pour l’avenir de la téléphonie mobile en Thaïlande est l’élection début Septembre des 11 membres de la commission nationale des télécommunications et diffusions (NBTC).

Cette élection est historique car elle culmine après des années d’efforts sous plusieurs gouvernements pour mettre en place un organisme de régulation pour la télévision, la radio et les licences téléphoniques.

forfait 3G AIS Thailande
Exemple de forfait 3G proposé par l'entreprise de téléphonie mobile AIS. On remarque que le label 3G est aussi EDGE+... la norme 2G de transmission des données

La mission première de cette commission sera de travailler pour le bénéfice de la population, en permettant un accès pour tous à certains services et en développant les infrastructures nationales. Elle aura le pouvoir de délivrer les licences 3G avec la fréquence 2100 MHz et devra mettre de l’ordre dans le fouillis juridique entre les opérateurs privés et les deux compagnies nationales.

Venant d’être mise en place, on peut espérer que cette commission, d’ici une petite année, mette aux enchères les licences 3G sur la fréquence 2100 Mhz afin que la Thaïlande rentre enfin pleinement dans le vingt-et-unième siècle en termes de téléphonie mobile.

Pendant ce temps là, à Phnom Penh au Cambodge, pays souvent raillé par les Thaïlandais pour son côté pittoresque et peu développé, il est déjà possible de surfer sur son Smartphone avec la technologie 4G…

  • Bonjour,
    Effectivement,la 3G n’est que du 2G+…J’habite en ISAN et l’opérateur “terrestre” la propose9avec pub etc…) mais le débit est du…1 MG si tout va bien!je suis avec edge chez AIS et le débit annonce est le bon …Le matin…le reste du temps ils vous proposent la 3G mais ne vous garanti pas le débit! En effet comme le dit l’article,”il y aura de la route avant d’avoir la 3G au milieu des rizières! Dix ans que j’attends une ligne fixe…Alors,on garde espoir!
    Jeff

    • Justement l’interet de la 3G dans des pays comme la Thailande, c’est de ne plus avoir besoin de couvrir tout le territoire avec des lignes terrestres. Grosse économie de moyen et surtout (en théorie) de temps.

  • Bonjour, moi je suis chez “True” a Bangkok et on a une 3G effective. Le debit est variable selon les lieux et heures de pointes. Le matin sur Sumkhumvit, j’arrive a des debits de 6Mb/sec et tout juste 1Mb/s dans la journée.