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Dialogue de sourds en Thaïlande

Surprise : le mouvement des chemises rouges qui semblait s’essoufler, a semble t-il réussi à retrouver une certaine dynamique en défilant dans les rues de Bangkok. Les mises en scène sanguinolentes ont été remisée pour laisser place à une traditionnelle manifestation de rue, qui a attiré plus de monde que prévu, et mis fin à l’effritement de la mobilisation.

Du coup les appels à la négociation sont de nouveau a l’ordre du jour, du moins en théorie, car quelques sérieux points de blocages subsistent, le principal obstacle étant en ce moment de savoir qui dirige véritablement le mouvement d’opposition, connu sous le nom de “chemises rouges”, et qui est habilité à parler en son nom. L’ex Premier ministre Thaksin Shinawatra, a déjà rejeté une tentative de la Commission nationale des droits de l’homme pour instaurer une médiation entre le gouvernement et l’UDD.

Le succès de la manifestation de samedi redonne un peu de marge de manoeuvre aux chemises rouges, mais le gouvernement a décidé de marginaliser Thaksin en l'excluant explicitement du processus de négociation

La commission, dirigée par la Présidente Amara Pongsapich, a essayé de trouver une issue entre les deux parties, depuis que le Front uni pour la démocratie contre la dictature (UDD) a commencé ses rassemblements à Bangkok  vendredi dernier. La commision a eu des entretiens avec des membres de l’UDD de premier plan, notamment Veera Musikhapong, Jaran Dita-Apichai et Weng Tojirakarn. Son rôle de médiateur avait fait naître l’espoir que d’éventuelles négociations puissent se dérouler entre le gouvernement et l’opposition. Mais Thaksin a torpillé sans la moindre nuance cette tentative, faisant naitre une incertitude sur son autorité réelle sur les actuels dirigeants.

Si les protestations ont lieu dans les règles, le gouvernement ne voit aucun problème à ouvrir des pourparlers“, avait déclaré Abhisit lors d’une conférence de presse, sans toutefois préciser de délais.

Une fois de plus c’est autour du rôle de l’ex premier ministre en exil que se focalise la tension. Le Premier ministre a accusé hier l’ancien Premier ministre Thaksin Shinawatra, d’être un obstacle au dialogue entre le gouvernement et les chemises rouges. S’exprimant à la télévision, M. Abhisit a déclaré qu’il était prêt à négocier avec les dirigeants de l’UDD, tant que M. Thaksin ne faisait pas partie de la discussion.

‘Qu’est ce qui empêche les chemises rouges de négocier ? C’est Thaksin. Je suis prêt à discuter si les chemises rouges abordent les questions de démocratie. Mais si M. Thaksin fait toujours partie du paysage, leur revendication ne peut pas être sur la démocratie. Je suis prêt à négocier, si Thaksin reste en dehors de tout cela.

M. Abhisit a également déclaré qu’il avait l’intention d’engager des poursuites contre les dirigeants de l’ UDD, qui ont utilisé et diffusé un clip audio dans lequel il aurait donné des consignes pour utiliser la violence contre les manifestants lors des émeutes de Songkran en avril l’an dernier.

Il a déclaré que le clip contenait bien sa voix, mais qu’ il avait été trafiqué, et qu’il pourrait demander une injonction du tribunal interdisant son utilisation et sa diffusion. Le Premier ministre a déclaré qu’il devrait également engager des poursuites en diffamation contre M. Thaksin et Jatuporn. Dans son allocution de mardi, M. Thaksin a déclaré M. Abhisit était ”mentalement dérangé”. Il a également comparé le Premier ministre à Adolf Hitler.

M. Jatuporn répondant aux remarques de M. Abhisit disant que son gouvernement était prêt à négocier avec les «chemises rouges», a dit qu’il n’y avait pas de pourparlers possible tant que le gouvernement refuse d’envisager la dissolution de la Chambre des représentants et de convoquer une élection générale.

En d’autres terme, M.Jatuporn demande au gouvernement de se torpiller avant de négocier, mais négocier quoi et avec qui si il n’y a plus de gouvernenement ?

Olivier Languepin

Par Redaction Bangkok

La rédaction de thailande-fr est installée à Bangkok depuis 2007, avec un rédacteur en chef, des pigistes, et des stagiaires d'écoles de journalisme et de communication.