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L’intensification du conflit au Moyen-Orient, combinée aux fermetures répétées des espaces aériens, perturbe profondément le trafic entre l’Asie et l’Europe. En Thaïlande, des milliers de touristes sont toujours dans l’impasse.

  • Nombre d’impactés : Plus de 49 000 passagers ont été affectés par des annulations ou des modifications de vols entre le 28 février et début mars 2026.
  • Mesures de l’Immigration : Les voyageurs dont le visa a expiré depuis le 28 février 2026 en raison de cette crise ne paieront pas d’amende (normalement 500 bahts/jour) à leur départ, sous réserve de justifier l’annulation de leur vol.
  • Hébergement et frais : Les familles sont souvent contraintes de prolonger leur séjour, avec des frais d’hôtel supplémentaires à leur charge.
  • Volatilité : L’incertitude règne, avec de nombreux vols annulés ou reportés à la dernière minute.

Depuis quelques jours, l’ambiance n’est plus tout à fait la même dans les terminaux de l’aéroport de Suvarnabhumi. Si la Thaïlande reste toujours le « Pays  du Sourire », pour de nombreux voyageurs, le séjour se prolonge malgré eux. En cause : l’instabilité chronique dans les pays du Golfe et au Moyen-Orient, zone de passage quasi obligatoire pour les compagnies aériennes majeures comme Emirates, Qatar Airways ou Etihad.

Le « Deuil du retour à la date prévue » 

Pour beaucoup, l’attente n’est plus une option. C’est le cas d’une famille française de cinq personnes. Initialement censés transiter par Dubaï, ces voyageurs ont pris une décision radicale dès l’annonce de l’intensification des hostilités.

« On s’est dit direct que le Moyen-Orient, ça ne se réglerait pas en une semaine. On a fait notre deuil du retour prévu assez vite », confie la mère de famille.

Refusant de survoler une zone de conflit, même si certains couloirs restaient techniquement ouverts, la famille a choisi de « forcer le passage par l’Est ».

Un itinéraire atypique : quitter la Thaïlande vers Taïwan, traverser le Pacifique jusqu’à San Francisco, y rester deux jours pour souffler, puis repartir vers la France via Lisbonne.

Le coût de cette sécurité ? 1 000 euros supplémentaires par personne, uniquement pour les billets. « Ça va faire un trou dans nos économies, mais pas dans notre train de vie. Pour ceux qui n’ont pas d’argent de côté, la situation devient vite un vrai sujet d’angoisse », analyse-t-elle avec lucidité.

« En fait on était inquiet pour les gens qui étaient sur place qui étaient bloqués, on trouve ça triste pour eux, mais on trouvait que notreque nous notre situation finalement n’était pas si grave, on est bloqué en vacances. » relativise- t-elleRelativise t’elle.

« J’ai demandé à mon fils si il était content de ne pas aller à l’école,  il m’a répondu qu’il ne pouvait pas être content parce qu’il y a quand même des gens qui sont en train de se faire bombarder »

Si la famille  interrogée a pu financer son propre itinéraire « bis », d’autres sont dans des situations plus précaires : sur les groupes d’entraide et les réseaux sociaux, les témoignages affluent. 

Beaucoup  se retrouvent coincés sur Koh Samui ou Koh Phangan, hésitant à engager des frais pour rejoindre Bangkok sans garantie de vol international. Tandis que d’autres passent leurs nuits à l’aéroport : à Suvarnabhumi, des passagers dont les vols ont été annulés à la dernière minute dorment à même le sol, dans l’attente d’un hypothétique remplacement par leur compagnie aérienne.

Beaucoup de voyageurs ayant réservé via des plateformes tierces (OTA) déplorent l’impossibilité de joindre un service client pour modifier leurs billets.

Le secteur hôtelier en première ligne

Le blocage ne touche pas que ceux qui partent. Sur place, les gérants d’hôtels voient leurs plannings se fragiliser. Si certains profitent de prolongations de séjour de dernière minute, les annulations de nouveaux arrivants pleuvent.

« Le téléphone ne cesse de sonner », explique un hôtelier de Chiang Mai. « Entre ceux qui sont coincés en Europe car leur vol est annulé et ceux qui, en Thaïlande, doivent libérer leur chambre mais ne trouvent pas d’avion, c’est compliqué. »

Evolution de la situation

La situation reste volatile. Les compagnies aériennes doivent jongler avec des déroutements massifs. Contourner l’Iran, le Liban ou Israël sature les couloirs aériens restants (notamment via la Turquie ou l’Égypte), entraînant des retards en cascade et des surcoûts de kérosène que les compagnies répercutent sur les tarifs.

Pour l’heure, les autorités consulaires appellent à la patience et recommandent de ne pas se rendre à l’aéroport sans confirmation de vol. Mais pour ceux dont le visa arrive à expiration ou dont le budget s’épuise, la « parenthèse enchantée » thaïlandaise commence à prendre des airs de logistique de crise. Bien que la Thaïlande ait instauré des mesures d’urgence, telles qu’une aide financière de 2 000 bahts par jour pour les touristes bloqués et des assouplissements concernant les visas.

1 comment
  1. Avons nous eu de la chance ? Nous sommes rentrés comme prévu le 31 Mars . Notre vol Kuwait Airways a été bien sûr annulé. Nous avons trouvé sans problème un vol avec Etihad à la même date et à un prix normal ( Air France proposait des vols directs entre 2500 et 3000€ par personne, nous ne l’oublierons pas !) .
    Nous organisons nous même nos voyages et passons toujours en direct avec la compagnie aérienne : c’est peut être un conseil à donner pour être plus tranquille

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