Pays du sourire mais aussi nation des éléphants, la Thaïlande compte en tout près de 7000 pachydermes dont plus de 4000 en captivité. Parmi ceux-là, la majorité sont utilisés pour le travail en forêt, le divertissement et les ballades (riding camps).

Depuis quelques années, de nombreux sanctuaires qui récupèrent ces éléphants maltraités se multiplient sur le territoire thaïlandais, l’Elephant jungle Sanctuary fait partie de ceux-là. Michael, responsable des réseaux sociaux, raconte pourquoi cette alternative est importante.

Depuis des centaines d’années, les Thaïlandais travaillent avec les éléphants, dans les forêts mais également dans le domaine du tourisme. Pourquoi l’Elephant jungle Sanctuary à Phuket existe-t-il ? 

« Ce qui doit changer, c’est la manière dont les éléphants sont traités, et c’est pour cette raison que nous avons ouvert ce sanctuaire. On a commencé avec 3 éléphants et maintenant nous en avons 17. L’idée est de leur offrir quelque chose de mieux par rapport à leur vie d’avant. Ils ont tous une histoire différente, certains étaient utilisés dans les forêts, d’autres pour le divertissement et également dans les camps où les touristes leur montaient dessus. Ici ils vont se baigner, ils mangent et ils peuvent avoir tout simplement une vie d’éléphant !

Avec 17 éléphants dans le sanctuaire, comment gérez-vous les dépenses au quotidien ? 

On utilise majoritairement les végétaux qui entourent le sanctuaire, ce qui ne nous coûte rien. Quant aux fruits, un éléphant en mange 200 kg chaque jour, ce qui revient entre 50 et 100 dollars quotidiennement. En temps normal, ce sont les clients qui nous permettent de subvenir à leurs besoins, mais depuis la pandémie ça a été très compliqué ici. Toutefois, on a eu de la chance d’avoir été soutenus financièrement par de nombreuses personnes des quatre coins du monde. Nous avons eu une petite aide de la part du gouvernement lorsque le covid-19 est arrivé, puis, plus rien…

Depuis ces dernières années, les « riding camps » sont davantage pointés du doigt. Est-ce-que vous avez vu une évolution des mentalités concernant ce business ? 

Je pense que cela va changer même s’il y aura toujours des gens pour se rendre dans les « ridings camps ». Toutefois, aujourd’hui, la plupart des touristes font leurs recherches sur ces choses. Les visiteurs arrêtent d’aller dans ces types de camps, ces derniers perdent de l’argent et doivent donc changer leur manière de faire ou ils ne peuvent plus subvenir à leurs besoins. De plus en plus de sanctuaires comme celui-ci ont d’ailleurs ouvert leurs portes depuis 5 ans. 

Violences, maltraitance, mise en danger de la santé des éléphants… Les Thaïs qui travaillent avec ces animaux les aiment-ils ?

Au début, je pensais que ceux qui travaillaient avec les éléphants dans un mauvais environnement ne les aimaient pas, mais ce n’est pas le cas. Beaucoup d’entre-eux sont avec les éléphants depuis de nombreuses années, ils sont comme leur famille. Ils sont dans cette situation parce que c’est leur travail et souvent il est question de ne pas avoir d’autres alternatives ou de ne pas avoir été éduqués sur cette question là. Si leur travail est de subvenir aux besoins de leur famille et qu’un riding camp leur offre de l’argent, c’est ce qu’ils choisissent. 

Intelligence, sensibilité… En quoi les éléphants sont-ils des êtres spéciaux ? 

Les Éléphants… On ne peut pas l’expliquer. Une fois que vous êtes en leur présence pendant quelques secondes, vous réalisez qu’ils sont des animaux spéciaux. Leur intelligence est comparable à celle d’un enfant en bas âge, ils sont capables d’utiliser des outils ce qui est un signe de haute intelligence, ils peuvent également se reconnaître dans le miroir. De plus, ce sont des animaux très sensibles. Ils peuvent ressentir la tristesse, la douleur émotionnelle mais aussi le deuil quand un de leurs congénères meurt. »

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