Bangkok, 29 août 2025 — La Cour constitutionnelle thaïlandaise a prononcé la destitution de la première ministre Paetongtarn Shinawatra, ainsi que celle de son cabinet, à la suite d’un jugement rendu ce vendredi.
En cause : une conversation téléphonique controversée avec Hun Sen, ancien dirigeant cambodgien et proche de la famille Shinawatra, jugée contraire aux normes éthiques requises pour un chef de gouvernement.
📞 Une conversation révélatrice
L’appel, survenu en juin, portait sur un conflit frontalier entre la Thaïlande et le Cambodge, déclenché par la mort d’un soldat cambodgien dans une zone disputée. Le ton jugé trop conciliant de Paetongtarn envers Hun Sen a provoqué l’indignation de l’opposition et la rupture de la coalition avec le parti conservateur Bhumjaithai. L’enregistrement, diffusé sans son consentement, a été interprété comme une atteinte à la souveraineté thaïlandaise.
🏛️ Une dynastie sous pression
Paetongtarn Shinawatra est la troisième membre de sa famille à être évincée du pouvoir, après son père Thaksin et sa tante Yingluck, tous deux renversés par des coups d’État militaires. Le clan Shinawatra, qui incarne une vision populiste et modernisatrice, est depuis deux décennies en conflit avec l’élite conservatrice du royaume, qui défend l’ordre monarchique et militaire traditionnel.
⚖️ Une paralysie institutionnelle
La destitution de Paetongtarn plonge le pays dans une incertitude politique. Aucun successeur naturel ne semble émerger, et l’organisation de nouvelles élections reste juridiquement floue. Le parti Pheu Thai, fondé par Thaksin, gouverne avec une coalition fragile. Selon la Constitution, seuls les candidats officiellement présentés lors des élections de 2023 peuvent prétendre au poste de premier ministre — or, la plupart sont désormais inéligibles ou empêchés.
Cette situation exacerbe les tensions entre les différentes factions politiques et pourrait entraîner une paralysie institutionnelle. Les observateurs craignent que l’impasse actuelle ne débouche sur des manifestations populaires, voire sur une intervention militaire, comme cela s’est produit à plusieurs reprises dans l’histoire récente du pays. Pendant ce temps, l’économie thaïlandaise, déjà fragilisée par la pandémie et des défis structurels, risque de souffrir davantage en raison de cette instabilité prolongée.




