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L’année a été particulièrement sombre pour les défenseurs de la liberté de la presse. Le recensement du CPJ de 2021 a révélé que le nombre de journalistes emprisonnés en raison de leur travail a atteint un nouveau record mondial de 293, contre un total révisé de 280 en 2020.

Cette année, au moins 24 journalistes ont été tués à ce jour pour avoir couvert l’actualité ; 18 autres sont morts dans des circonstances trop troubles pour pouvoir déterminer s’ils étaient spécifiquement visés.

La Chine demeure le pays qui emprisonne le plus de journalistes au monde pour la troisième année consécutive, avec 50 journalistes derrière les barreaux.

Au moins dix journalistes emprisonnés en Chine sont en danger de mort

Le Myanmar s’est hissé au deuxième rang après la répression des médias qui a suivi le coup d’État militaire du 1er février. L’Égypte, le Vietnam et la Biélorussie, respectivement, complètent les cinq pays en tête de liste.

Les raisons de l’augmentation incessante du nombre de journalistes détenus – c’est la sixième année consécutive que le recensement du CPJ enregistre au moins 250 journalistes incarcérés – diffèrent d’un pays à l’autre. Mais toutes reflètent une tendance frappante : une intolérance croissante à l’égard des reportages indépendants.

Les autocrates enhardis ignorent de plus en plus l’application régulière de la loi et bafouent les normes internationales pour se maintenir au pouvoir. Dans un monde préoccupé par la COVID-19 et qui tente de donner la priorité à des enjeux tels que le changement climatique, les gouvernements répressifs ont de toute évidence conscience que l’indignation du public suscitée par les violations des droits humains est émoussée et que les gouvernements démocratiques sont moins enclins à exercer des représailles politiques ou économiques.

La Chine: une prison pour journalistes qui s’étend à Hong Kong

L’incarcération sans relâche des journalistes en Chine n’est pas nouvelle. Cependant, c’est la première fois que des journalistes détenus à Hong Kong figurent dans le recensement annuel du CPJ – résultat de la mise en œuvre de la Loi draconienne sur la sécurité nationale de 2020 imposée suite aux manifestations pro-démocratie historiques dans la ville.

Des exemplaires du journal Apple Daily sont aperçus dans les bureaux d’Apple Daily et de Next Media après la descente de police dans la salle de presse, à Hong Kong, le 17 juin 2021. (Reuters/Lam Yik)

Huit personnalités des médias hongkongais, dont Jimmy Lai, fondateur d’Apple Daily et de Next Digital, et lauréat du Prix Gwen Ifill 2021 pour la liberté de la presse du CPJ, ont été emprisonnées, portant ainsi un coup dur à la presse indépendante déjà en difficulté de la ville. Certaines risquent la prison à vie.

Une litanie d’obscures accusations orwelliennes

En Chine continentale, d’autres journalistes doivent faire face à une litanie d’obscures accusations orwelliennes. La journaliste indépendante Zhang Zhan, arrêtée en mai 2020 pour sa couverture critique de la réponse de la Chine à la pandémie de COVID-19, purge une peine de prison de quatre ans pour « avoir cherché des querelles et provoqué des troubles » – une accusation souvent utilisée pour cibler les critiques pacifiques du Parti communiste chinois au pouvoir. D’autres sont accusés de jouer « un double jeu », une expression sans fondement juridique suggérant une opposition subreptice au Parti communiste et souvent utilisée contre les journalistes ouïghours du Xinjiang.

La Chine a également ciblé des non-journalistes pour leurs liens ténus avec les médias, comme lorsqu’elle a arrêté 11 personnes ayant prétendument envoyé des documents à la société de média The Epoch Times affiliée au groupe spirituel Falun Gong. Les 11 ne sont pas répertoriés dans le recensement du CPJ parce que The Epoch Times a déclaré qu’ils n’étaient pas des journalistes, mais leur détention est un indicateur inquiétant des efforts de la Chine pour étouffer le discours des médias.

Le journaliste philippin Jess Malabanan abattu d’une balle dans la tête

Il regardait la télévision, dans une échoppe tenue par sa famille, lorsqu’un tueur est apparu pour l’abattre d’une balle dans la tête. Le journaliste Jesus Yutrago Malabanan, dit “Jess Malabanan”, est mort sur le coup, ce mercredi 8 décembre vers 18 heures, à Calbayog, une ville de la province de Samar, située dans l’est de l’archipel philippin. 

Correspondant permanent du quotidien Manila Standard Today, Jess Malabanan avait également travaillé pour le Manila Times, le Central Luzon Daily ou la chaîne ABS-CBN News, et participé à plusieurs articles pour Reuters.

C’est notamment pour l’agence de presse britannique qu’il avait enquêté sur les à-côtés de la politique de “Guerre à la drogue” lancée par le président philippin Rodrigo Duterte – et plus spécialement sur les filières d’approvisionnement venues de Chine.

Si l’hypothèse d’un meurtre lié à son métier venait à se confirmer, Jess Malabanan serait, selon le baromètre de RSF, le 16e journaliste tué sous la présidence de Rodrigo Duterte, débutée en 2016. Son assassinat intervint deux jours avant la cérémonie de remise du prix Nobel de la paix à sa compatriote Maria Ressa, cofondatrice et présidente du site Rappler, qui s’est envolée pour Oslo ce même 8 décembre.

Au Myanmar, où aucun journaliste n’était emprisonné au 1er décembre 2020, la répression de l’armée suite au coup d’État a donné lieu, 12 mois plus tard, à la détention de 26 journalistes. Cependant, la situation est encore plus grave que ce que n’indique ce total.

De nombreux journalistes, parmi lesquels l’Américain Danny Fenster, ont été libérés avant la conduite du recensement après des mois de prison, et les recherches menées par le CPJ suggèrent que d’autres personnes n’ayant pas encore été identifiées comme journalistes pourraient se trouver en détention. En outre, un nombre inconnu de journalistes sont entrés dans la clandestinité ou en exil – leur départ ayant porté un coup dur aux progrès réalisés par les médias indépendants sous le gouvernement élu évincé.

Source: cpj.org et rsf.org

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La rédaction de thailande-fr est installée à Bangkok depuis 2007, avec un rédacteur en chef, des pigistes, et des stagiaires d'écoles de journalisme et de communication.

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