Nombreux sont les Français qui rêvent de partir vivre en Thaïlande, et ce notamment suite à de nombreux reportages télévisés présentant le plus souvent la Thaïlande comme le « paradis des retraités » ou comme un pays où l’on peut partir pour réussir.

Mais les reportages sont-ils révélateurs de la réalité ? Que faut-il vraiment savoir avant de s’expatrier ?

Expatriation professionnelle (hors parcours d’entreprise) … attention aux désillusions

Si votre souhait est de « tout plaquer » pour venir « monter un business » en Thaïlande, attention aux déceptions. Penser que l’Asie « c’est la croissance » et que tout va être plus facile qu’en France est une grosse erreur, et si il n’existe pas de statistiques sur le sujet, les échecs sont certainement plus nombreux que les réussites.

La première chose à ne pas sous-estimer dans votre projet d’expatriation Thaïlande est la barrière du langage. Une bonne maîtrise de l’anglais est absolument indispensable pour espérer faire des affaires en Thaïlande et il faudra aussi pouvoir compter sur une personne thaïlandaise de confiance pour tout ce qui concerne les papiers administratifs (en thaïlandais uniquement) ou discussions avec des interlocuteurs non anglophones.

Il peut s’agir d’avocats, ou d’une secrétaire qualifiée et de confiance, mais dans tous les cas, cela aura un coût.

Deuxième contrainte forte : le permis de travail

Expatriation ThailandeLe marché du travail thaïlandais protège les nationaux et l’obtention d’un permis de travail en Thaïlande pour un étranger (notamment européen) n’est pas chose facile.

L’entreprise souhaitant délivrer un permis de travail doit justifier d’un capital social minimum de deux millions de THB (environ 50 000 €) par étranger, employer quatre Thaïlandais par salarié étranger et justifier d’un bureau ou lieu d’activité approprié.

Ensuite, se baser sur une expertise solide est naturellement une condition du succès. Trop nombreuses sont les personnes, par exemple, qui pensent qu’ouvrir un restaurant  ou une « guest house » (exemple le plus fréquent) est chose facile, y compris sans aucune expérience dans le secteur.

Ils sont nombreux à se casser les dents, parfois « entraînés » dans de mauvaises affaires par des intermédiaires peu scrupuleux leur vendant des fonds de commerces peu ou pas viables.

Donc pour résumer, parler Anglais, bien s’entourer, s’appuyer sur une expertise solide, avoir étudié son marché et la concurrence, mais aussi, avoir un peu d’argent et de temps devant soit (6 mois à 1 ans se sont pas de trop pour pouvoir réellement escompter des rentrées d’argent), voici autant d’éléments que certains reportages télévisés omettent trop souvent de mentionner, préférant vendre du « rêve facile ».

On mettra en garde au passage les téléspectateurs contre les déformations fréquentes de réalité des reportages télévisés grand public, qui peuvent avoir tendance à déformer ou embellir des chiffres ou des situations pour le compte de l’audimat.

Lorsqu’on les regarde en connaissant la réalité locale et parfois mêmes les situations des personnes présentées dans ces reportages traitant de l’expatriation Thaïlande, on repère souvent un décalage non négligeable entre réalité et « fiction ».

Expatriation Thaïlande et retraite : la belle vie oui, à condition de…

Contrairement à l’expatriation professionnelle, l’expatriation retraite est beaucoup aisée, avec, pour commencer, un visa spécifique, le Visa OA, permettant à toute personne de plus de 50 ans pouvant justifier d’un dépôt en banque de 800 000 THB (environ 20 000€) ou de revenus réguliers de 65 000 THB/mois (environ 1 600 €) de résider en Thaïlande légalement et sans difficulté.

Ensuite, les informations que vous pouvez le plus souvent lire sur les avantages de la vie en Thaïlande sont réelles.

Expatriation Thaïlande. Attention aux désillusions : le cliché selon lequel avec 1 500 € par mois, « on vit comme un roi » en Thaïlande est erroné
Attention aux désillusions : le cliché selon lequel avec 1 500 € par mois, « on vit comme un roi » en Thaïlande est erroné

Expatriation Thaïlande rime avec soleil et chaleur tout l’année, coût de la vie inférieur à celui de la France, excellente cuisine locales, culture bouddhiste perpétuant entre autres des valeurs de tempérance et de respect (ayant de nombreux impacts positifs sur une vie quotidienne plus apaisée, moins « stressée » qu’en Europe), et paysages paradisiaques.

La position centrale de la Thaïlande en Asie permet aussi de voyager facilement dans la région et d’atteindre toutes les principales capitales d’Asie en moins de 6 heures d’avion…

Alors, existe-t-il simplement une ombre au tableau de la retraite ensoleillée et de l’expatriation en Thaïlande ? On en mentionnera peut-être deux.

La première, c’est l’éloignement des proches

Selon vos moyens financiers, rentrer plus ou moins souvent ne représentera pas la même contrainte.

Si vous pouvez rentrer deux à trois fois par an sur des séjours de 2 semaines à 1 mois, alors le sentiment d’éloignement pourra être largement atténué et vous pourrez réellement bénéficier du meilleur des deux mondes.

La chaleur des moments familiaux « à la maison », en étant en France « en vacances » en profitant de tout ce qui fait de la France un pays qui demeure, malgré toutes ses difficultés économiques et sociales, un pays magnifique.

Si, en revanche, vos moyens ou votre santé ne vous permettent pas de voyager si fréquemment, alors, le fait de voir beaucoup moins souvent vos proches doit être un facteur à ne pas sous-estimer.

Dans les instants de « découverte », tout vous semblera merveilleux et vous aurez peut-être tendance à sous-estimer ce point.

Aussi si vous êtes très attachés à certaines personnes (ou certaines habitudes) en France et savez que vous ne pourrez pas rentrer régulièrement, il peut-être conseillé de passer quelques mois en location en Thaïlande, par exemple, avant de prendre une décision d’expatriation définitive.

La seconde, c’est la sous-estimation de certains postes de dépense

A commencer par celui de l’assurance santé. En quittant la France, vous pourrez adhérer à la CFE (Caisse de Français à l’étranger) mais cela a un coût (4,2% de votre pension avec un minimum de 231€ par trimestre) et vous devrez aussi prendre une complémentaire sur place. Vous pourrez aussi faire le choix d’une assurance au premier Euro.

Les prix pour une couverture complète fluctuent fluctue beaucoup en fonction de l’âge et des antécédents médicaux, mais pour une couverture complète au premier Euro (hospitalisation + médecine courante), il faudra compter environ 2 000 € par an si vous avez la quarantaine, plutôt 4 000 à 5 000 € par an (et par personne) si vous avez 65 ans.

Si vous optez pour une couverture hospitalisation uniquement (si vos dépenses de médecine courante sont limitées, cela est souvent une option intéressante), diviser globalement ces sommes par deux.

A noter que ces montants sont donnés à titre purement indicatif, il s’agit d’ordre de grandeur uniquement, mais qui sont là pour vous faire prendre conscience qu’en cas d’expatriation, le « poste santé » est à prendre en compte dans l’élaboration de votre budget.

Enfin, si on peut effectivement vivre une vie très agréable en Thaïlande avec un revenu modeste (en louant un logement plus spacieux qu’en France au même budget,  en mangeant dans les restaurants thaïlandais qui sont très bon marché, en s’organisant des petits weekends « low cost » en bus et hôtels à 25€/nuit…),  le cliché selon lequel avec 1 500 € par mois, « on vit comme un roi » est erroné.

Si vous consommez beaucoup de produits Européens importés (vin, fromage, viandes), souhaitez voyager en avion (dans le Nord, sur des îles, en Asie…), séjourner dans de beaux hôtels, acheter une voiture, disposer de services (ménage, pressing)… alors c’est bien plutôt 3 000 € par mois qu’il vous faudra compter pour vivre vraiment confortablement, «  à l’Européenne ».

 

3 Commentaires

  1. Les chiffres cites en EURO, sont faux aujourd’hui. En 10 ans, avec le meme montant en Euros, votre pouvoir d’achat a ete divise par TROIS. Ce qu’il pretend faire avec 3000 il faudrait aujourd’hui 9000 Euros. La croissance economique en Thailande a ete de 6 a 12 % par an. Les salaires locaux multiplies par 3. Et ma retraite, elle augmentee de… +3% sur cette periode. ET l’Euro est passe de 52 THB a 38 THB soit – 30% environ. Oui l’Euro est une monnaie faible… Et ca ne va pas aller en s’arrangeant. Dette enorme de la France, vieillissement de population, charge sociale insupportable, gabegie des depenses publiques… Dans 10 ans attendez vous a acheter une boite de sardines par semaine avec votre retraite. Macron n’aime pas les retraites, qui ne sont pas « productifs ». Son conseiller Jacques Attali lui suggere de couper les supports medicaux, de les affammer et de les euthanasier a moins qu’ils aient la bonne idee de se suicider… Voila ce que l’on vous prepare. En ce temps la le pays « pauvre » ne sera pas la Thailande, mais la France. Tel qu’on fait son lit, on se couche…

     
    • ce n’est pas l’euro qui est faible c’est le bath peut être même trop fort y compris aux dires de certaines économistes thailandais. Quant au vieillissement de la population la Thailande va y être confrontée de façon sérieuse dès 2020.

       
  2. Au vu des lois Thailandaises recentes les tarifs sont bien au dessus de ceux annonces dans l’article, notament en question des visas de retraite.

     

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