lopburi monkeys - thailande-fr

Lopburi, la célèbre « cité des singes », cache une réalité plus sombre que ses attractions touristiques. Entre braconnage lucratif, exportations illégales et besoins croissants des laboratoires pharmaceutiques occidentaux, le macaque à longue queue est devenu l’objet d’un trafic mondial pesant des milliards d’euros.

À deux heures de Bangkok, Lopburi offre un spectacle unique : des milliers de macaques à longue queue occupent les rues, les toits et les temples. Si les touristes s’en amusent, la cohabitation est devenue un calvaire pour les locaux qui subissent dégradations et vols au quotidien. Pourtant, au-delà de ces nuisances urbaines, ces primates font face à une menace bien plus redoutable : un réseau de braconnage massif alimenté par la recherche biomédicale internationale.

L’explosion du marché noir depuis 2020

Le macaque à longue queue est aujourd’hui l’espèce la plus utilisée dans la recherche scientifique mondiale, notamment pour le développement de vaccins et de dispositifs médicaux, en raison de sa proximité génétique avec l’homme.

Le marché a basculé en 2020 lorsque la Chine a suspendu ses exportations de primates. Depuis, la demande a explosé et les prix ont atteint des sommets vertigineux : jusqu’à 30 000 € par animal sur le marché légal d’après France 24. Cette manne financière alimente un marché noir florissant en Asie du Sud-Est. En Thaïlande, les braconniers ne touchent qu’une centaine de dollars par capture, mais les sociétés d’exportation revendent ces animaux à prix d’or aux laboratoires occidentaux.

Un réseau complexe entre légalité et trafic

Si certains laboratoires thaïlandais affirment respecter des codes éthiques stricts et n’utiliser que des animaux nés en captivité ou capturés avec autorisation, la frontière avec l’illégalité s’avère particulièrement ténue.

Le système repose sur un réseau complexe où le braconnage pur et simple n’est que la première étape. Des centaines de macaques sont ainsi régulièrement saisis par les autorités dans des bâtiments désaffectés, où ils sont entassés en attendant leur expédition vers des laboratoires étrangers. Pour contourner les législations, des milliers de singes capturés illégalement dans les forêts thaïlandaises sont acheminés clandestinement vers le Laos ou le Cambodge ; là-bas, ils sont « blanchis » et obtiennent de faux papiers de captivité avant d’être vendus à prix d’or aux pays occidentaux. Cette organisation criminelle est d’autant plus difficile à démanteler qu’elle impliquerait, selon le reportage, des hommes d’affaires influents et certains responsables politiques régionaux qui tirent profit de cette industrie lucrative.

Une espèce en danger de disparition

Le macaque à longue queue est désormais classé comme espèce en danger. Entre la perte de son habitat naturel, les captures légales pour l’élevage et le braconnage intensif, la population chute drastiquement en Asie du Sud-Est.

En Thaïlande, des centres de protection tentent de soigner les singes blessés par l’urbanisation (électrocutions, accidents de la route) ou sauvés des laboratoires après des années de captivité dans des cages exigües. Malgré les efforts des autorités, le commerce illégal d’espèces sauvages en Asie du Sud-Est générerait encore près de 9 milliards d’euros par an.

2 comments
  1. Les macaques à 30000 euros ce n’est pas ce qui manque chez fronsse 24!

  2. Un macaque à 30000€ d’après France24 ? Il y a longtemps que je ne regarde plus cette chaine de désinformation

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