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Wilawat Emsawat, surnommée « Madame Golf », arrêtée la semaine dernière, est accusée d’avoir eu des relations sexuelles avec neuf moines bouddhistes avant de les faire chanter par la suite.

Les autorités ont annoncé que 19 moines étaient pour l’instant concernés par ce scandale, mais ce chiffre pourrait bien augmenter, car cette affaire semble loin d’être terminée. Selon la police thaïlandaise, Mme Golf, qui clame son innocence, aurait amassé près de 385 millions de bahts, soit 10,2 millions d’euros.

Elle enregistrait tout et aurait fait chanter les moines, les menaçant de diffuser les fichiers en échange de faveurs. Plus de 85 000 fichiers multimédia ont été retrouvés à son domicile, autant de preuves concrètes à examiner pour les enquêteurs. Cette affaire n’est pas la seule de ce type. Elle est de loin l’une des plus polémiques, décrédibilisant de nouveau l’institution monastique thaïlandaise, aux yeux de la scène internationale. 

Un système religieux corrompu reposant sur des dons

Au-delà du non-respect du principe bouddhiste d’abstinence sexuelle par ces moines, la somme astronomique accumulée par Mme Golf saute aux yeux. Il est donc intéressant de se pencher sur la question de comment les temples et les moines bouddhistes sont financés en Thaïlande.

Pour ce qui est des bonzes, ils passent par des dons (d’argent ou de ressources de première nécessité) venant de fidèles croyants pour subsister. Les temples, eux, s’appuient également sur des dons privés, mais ils peuvent aussi générer un revenu en faisant payer l’accès au temple, en y vendant des artefacts, ou encore en demandant des subventions à l’Etat.

Donc, l’argent donné à l’institution monastique vient essentiellement de personnes pieuses qui croient à un système religieux juste et non corrompu. 

Il est important de rappeler que la Thaïlande est un pays laïc, où le bouddhisme theravada est pratiqué par environ 93% de ses habitants. Les scandales religieux ont commencé à émerger dans les années 2010, et se multiplient peu à peu. Suite à ces affaires, de plus en plus de bonzes quittent la vie religieuse ou disparaissent afin de fuir les médias.

Les scandales à répétition : une remise en cause profonde de l’ensemble de l’institution bouddhiste

Certains voient dans cette polémique de juillet 2025 une horrible Mme Golf qui a manipulé des moines, mais d’autres voient une institution corrompue, qui perd son sens et des bonzes qui ont agi consciemment. L’opinion publique est ainsi troublée, et la confiance envers l’institution religieuse est largement mise à mal. 

L’office national du bouddhisme a ainsi annoncé prendre des mesures à l’encontre des moines accusés, et envisage la création d’une loi punissant les bonzes qui feraient de l’ombre à la religion bouddhiste. Le roi Rama X, qui avait, avant l’éclatement du scandale, attribué des titres ecclésiastiques à plusieurs moines, les a annulés. 

Ainsi, ce scandale, qui n’est pas le premier, dénonce une institution monastique thaïlandaise rongée par des vices contraires aux valeurs du bouddhisme theravada. Elle devrait sans doute faire face à des réformes, afin de redorer son image auprès de l’opinion publique.