Vous avez aimé “The Shinawatra Season One”, avec Thaksin dans le rôle principal, alors vous allez adorer “The Shinawatra Season Two” , tout simplement parce qu’à peu de choses près l’intrigue est les personnages sont les mêmes : un coup d’État militaire, un procès bâclé et la fuite en exil du principal accusé.

“L’histoire ne se répète pas elle bégaie” disait Karl Marx mais apparemment il n’avait jamais vécu en Thaïlande, car cette fois l’histoire semble vraiment se répéter avec la fuite de Yingluck Shinawatra à l’étranger. Un scénario qui ressemble à s’y méprendre à celui qui avait permis à son frère de quitter la Thaïlande dans les mêmes conditions.

Une famille en exil

Autant la fuite de son frère aîné en 2008 avait été une véritable surprise (il sera finalement condamné à deux ans de prison), autant celle de Yingluck Shinawatra semble plutôt avoir fait l’objet d’une sorte de passive bienveillance de la part du gouvernement militaire.

Aujourd’hui beaucoup de gens se demandent comment la principale accusée d’un procès fleuve hautement médiatisé a pu tranquillement prendre l’avion pour Singapour sans être inquiétée.

Comme beaucoup le savent, en Thaïlande, ce qui se passe en coulisses est souvent plus important que ce qui se déroule à l’avant-scène.

commente Arnaud Dubus, le correspondant de Libération en Thaïlande.

A voir la condamnation de son ex ministre du commerce à 42 ans de prison pour les malversations commises dans les marchés de gouvernement à gouvernement sur le riz, on peut penser que Yingluck a probablement pris la bonne décision.

Yingluck Shinawatra a suivi l’exemple de son frère qui quitta la Thaïlande en août 2008 pour ne pas risquer de purger une peine de prison ferme de deux ans.

10 ans de prison ?

Il fait assez peu de doute que la sentence contre l’ex Premier ministre sera assez sévère, et compte tenu des faits qui lui sont reprochés, elle peut aller jusqu’à 10 ans de prison.

De ce verdict dépendra le futur politique de Yingluck Shinawatra : une condamnation à une peine avec sursis, ou un simple acquittement (peu probable) pourrait permettre d’envisager un retour en Thaïlande pour diriger une campagne électorale d’opposition au cours des prochaines élections.

A l’inverse une condamnation à de la prison ferme signifierait la fin de la carrière politique de Yingluck Shinawatra, et ouvrirait la voie à des élections dans un climat plus serein pour 2018, comme prévu par le gouvernement.

Reste à attendre la condamnation qui sera prononcé in absentia le 27 septembre prochain, mais quelle qu’elle soit elle laissera probablement un goût amer de revanche politique à ses admirateurs, et ils sont encore nombreux dans le nord du pays parmi les plus défavorisés.