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A Bangkok, un coup d’Etat sans opposants

Peu de voix s'élèvent en Thaïlande pour regretter la prise du pouvoir par les militaires • Les généraux promettent un gouvernement civil dans quinze jours…

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Peu de voix s’élèvent en Thaïlande pour regretter la prise du pouvoir par les militaires • Les généraux promettent un gouvernement civil dans quinze jours et des élections dans un an •

Face au siège du gouvernement, mercredi matin, des Thaïlandais en polo jaune, la couleur du roi de Thaïlande, apportent des guirlandes de fleurs et des gâteaux traditionnels aux militaires en tenue de combat, en faction près d’une douzaine de blindés qui encerclent toujours le siège du gouvernement. Le coup d’Etat qui a renversé le gouvernement du Premier ministre élu, Thaksin Shinawatra, est accueilli avec soulagement par une grande partie de la population de Bangkok. «Je suis contente.

C’était le désordre. Avec les militaires la situation sera plus calme», indique la gérante d’un petit restaurant dans un quartier est de Bangkok. «L’armée aurait dû faire cela depuis longtemps, car le gouvernement est vraiment trop corrompu», renchérit un vendeur de journaux. Ce n’est pas la première fois qu’un coup d’Etat est accueilli à bras ouverts par les Thaïlandais: lors du putsch de février 1991, la réaction avait été similaire. Bien que ce putsch, il y a quinze ans, a abouti à un bain de sang, l’armée garde parmi les Thaïlandais l’image d’une institution protectrice de la Nation et de la monarchie.

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La communauté internationale n’a pas le même regard. L’Union européenne et de nombreux pays – l’Australie, la Nouvelle-Zélande, les Etats-Unis, les pays de l’Association des nations d’Asie du sud-est – ont condamné, avec plus ou moins de vivacité, le renversement du gouvernement. L’attitude des militaires est «inacceptable», a jugé Alexander Downer, le chef de la diplomatie australienne. La Finlande, qui préside l’Union européenne, a condamné le putsch et demandé un «retour au gouvernement démocratiquement élu». Les Etats-Unis ont adopté une position plus attentiste, appellant seulement les Thaïlandais «à résoudre leurs différends politiques de manière pacifique».

Aux yeux de certains diplomates européens, la crise politique qui avait commencé en janvier dernier était en voie de règlement. Une nouvelle commission électorale avait été mise en place début septembre par le Sénat et des élections législatives étaient annoncées en novembre. Lors d’une rencontre avec des ambassadeurs en poste à Bangkok, les généraux qui dirigent le comité militaire désormais au pouvoir disent que la démocratie sous le Premier ministre Thaksin Shinawatra n’était pas «réelle», mais une façade derrière laquelle Thaksin pouvait exploiter le système pour enrichir son clan…/….

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Par Arnaud DUBUS LIBERATION.FR

Olivier Languepin
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Olivier Languepin

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