Le compte à rebours est lancé. Dans quelques jours, la Thaïlande vibrera au rythme de Songkran, le Nouvel An traditionnel. Si l’heure est aux batailles d’eau géantes, la prudence reste de mise. Entre risques routiers, coups de chaleur et précautions sanitaires, voici comment profiter de la fête sans encombre.
Le lourd tribut des sept jours dangereux
La période de Songkran est tristement célèbre pour ses statistiques routières alarmantes, qualifiées par le ministère de l’Intérieur de « sept jours dangereux ». L’analyse des trois dernières années montre une fluctuation qui souligne la difficulté de sécuriser les routes malgré les efforts gouvernementaux. En 2023, le pays enregistrait 264 décès.
L’année 2024 a marqué un recul de la sécurité avec une hausse à 287 morts et 2 060 blessés. Enfin, le bilan de 2025 a montré une amélioration avec 253 décès et 1 495 blessés sur l’ensemble de la période.
Ces tragédies, dont plus de 80 % concernent des deux-roues, sont principalement attribuées à l’excès de vitesse, à la conduite en état d’ébriété et à l’absence de port du casque pour les conducteurs de deux-roues. Les motocyclistes demeurent les plus vulnérables, piégés par des routes glissantes ou déstabilisés par des jets d’eau soudains.
Attention au choc thermique
Au-delà des routes, le climat d’avril impose ses propres défis aux festivaliers. Avec des températures pouvant grimper jusqu’à 40°C, le risque de coup de chaleur reste élevé, notamment lors d’une exposition prolongée au soleil pendant les parades urbaines.
Le contraste thermique provoqué par l’usage massif d’eau glacée peut également fragiliser les organismes les plus sensibles. Les autorités sanitaires insistent chaque année sur l’importance de n’utiliser que de l’eau propre, car l’usage d’eaux stagnantes ou non traitées favorise la propagation de maladies cutanées et d’infections oculaires.
Respecter le cadre des célébrations
La réussite de Songkran repose enfin sur un équilibre fragile entre divertissement et respect des traditions. Il est essentiel de se limiter aux zones de combat d’eau officiellement désignées pour ne pas entraver la circulation ni mettre en péril les travailleurs en déplacement. Il est formellement interdit d’arroser les personnes qui ne participent pas à la fête, comme les passants en tenue professionnelle, les livreurs ou les moines.
L’usage de pistolets à eau haute pression est strictement interdit en raison des blessures graves qu’ils peuvent infliger. Les contrevenants s’exposent à des sanctions sévères : le non-respect des zones de célébration ou le comportement indécent peut entraîner des amendes allant de 5 000 à 20 000 bahts.
Dans les cas les plus graves, notamment si une projection d’eau provoque un accident de la route, les auteurs peuvent être poursuivis pour mise en danger de la vie d’autrui et risquent des peines de prison ferme.
De même, le port de tenues décentes est rappelé par le gouvernement afin de préserver le caractère sacré de cette fête qui, avant d’être une bataille d’eau géante, demeure un moment de recueillement et de respect envers les aînés et les institutions religieuses. La vigilance individuelle reste le meilleur rempart pour que la joie du passage à la nouvelle année bouddhiste ne soit pas éclipsée par des drames évitables.





