Le Comité de politique monétaire de la Banque de Thaïlande a abaissé de manière inattendue son taux directeur de 25 points de base à 1,00 % lors de sa première révision de 2026.
Cette décision, inattendue pour la plupart des analystes qui anticipaient un statu quo, cherche à stimuler la croissance économique dans un contexte marqué par des incertitudes mondiales et une demande intérieure atone.
Points clés
- Le Comité de politique monétaire a voté par 4 voix contre 2 pour réduire le taux de rachat à un jour à 1,00 %.
- Cette décision a surpris le marché, car seuls six des 27 économistes interrogés par Reuters avaient prédit une baisse des taux.
- Cette réduction marque la sixième baisse de taux depuis octobre 2024, portant la réduction totale sur cette période à 150 points de base.
- La banque centrale a évoqué la nécessité d’atténuer les risques liés à la vigueur du baht et aux incertitudes du commerce mondial, notamment en ce qui concerne la politique commerciale américaine.
- Malgré la baisse des taux, la Banque de Thaïlande a relevé ses prévisions de croissance du PIB pour 2026 à 1,9 %, contre 1,5 % précédemment, suite à des performances économiques plus fortes que prévu au quatrième trimestre de l’année précédente.
Le Comité de politique monétaire (CPM) de la Banque de Thaïlande a voté à la surprise générale, par 4 voix contre 2, en faveur d’une baisse du taux de rachat à un jour de 25 points de base, le ramenant à 1,00 %, lors de sa première réunion de 2026.
Cette décision a surpris la majorité des économistes, dont la plupart n’avaient anticipé aucun changement suite à des performances économiques plus solides que prévu fin 2025.
Facteurs clés
- La croissance économique devrait rester inférieure à son potentiel en 2026 et 2027, freinée par une concurrence accrue et des problèmes structurels qui limitent la valeur ajoutée des exportations et des investissements.
- Le baht thaïlandais s’est apprécié par rapport au dollar américain, ce qui suscite des inquiétudes quant au déséquilibre du taux de change et à son impact négatif sur la compétitivité des exportateurs.
- Deux membres dissidents ont voté pour maintenir le taux à 1,25 %, arguant que la transmission de la politique monétaire actuelle est toujours en cours et qu’il est essentiel de préserver la marge de manœuvre limitée en matière de politique monétaire.
- Le Comité de politique monétaire a souligné que la politique monétaire à elle seule ne peut résoudre les problèmes structurels de croissance et a appelé à la mise en place de politiques intégrées pour améliorer la productivité et la compétitivité nationales.
Principaux facteurs macroéconomiques
Cette décision était motivée par la nécessité de protéger l’économie thaïlandaise contre des défis externes et internes spécifiques :
- Incertitude liée aux droits de douane américains : La banque centrale a fait part de ses inquiétudes quant au caractère imprévisible des droits de douane américains et à leur impact potentiel sur l’économie thaïlandaise.
- Renforcement de la monnaie : Le « renforcement du baht » a été identifié comme un défi majeur que la baisse des taux vise à relever, car une monnaie forte peut avoir un impact sur la compétitivité des exportations.
- Risques externes : Cette mesure constitue une initiative proactive visant à protéger l’économie contre des risques externes plus larges susceptibles de menacer sa stabilité.
Stimulation et soutien économiques
Au-delà des risques immédiats, cette baisse des taux s’inscrivait dans une stratégie plus large visant à soutenir l’économie nationale :
- Stimuler la croissance : Cette réduction vise à « relancer » la deuxième économie d’Asie du Sud-Est, où les autorités tentent de stimuler la dynamique par une série de coupes budgétaires.
- Soutien monétaire continu : Il s’agit de la sixième baisse de taux depuis octobre 2024 (soit une réduction totale de 150 points de base), ce qui témoigne d’un effort continu pour maintenir un environnement monétaire favorable malgré les récentes améliorations de l’économie.
Contexte de la décision « inattendue »
Cette décision a été jugée inattendue par la majorité des économistes (21 sur 27 interrogés par Reuters) car plusieurs indicateurs positifs suggéraient qu’aucun changement n’était nécessaire :
- Croissance du PIB plus forte que prévu au quatrième trimestre de l’année précédente.
- La banque centrale affiche des perspectives optimistes , relevant ses prévisions de croissance du PIB pour 2026 de 1,5 % à 1,9 %.
- Une amélioration de la situation politique dans le pays.
Bien que les perspectives de croissance intérieure s’améliorent, le Comité de politique monétaire (CPM) s’est concentré sur des mesures défensives pour contrer la vigueur du yuan et les incertitudes liées au commerce mondial, telles que les droits de douane américains, afin de garantir une stabilité économique durable. Malgré des signes de reprise des indicateurs nationaux, le CPM est resté prudent, privilégiant les stratégies visant à atténuer les risques associés aux pressions extérieures. Il s’agissait notamment de gérer la volatilité potentielle due aux fluctuations des taux de change et de s’adapter aux défis posés par l’évolution des politiques commerciales mondiales. En maintenant une approche équilibrée, le Comité a cherché à préserver la résilience économique à long terme et à favoriser un environnement de croissance stable.





