À l’occasion de la Journée mondiale de l’environnement le 5 juin, Reporters sans frontières (RSF) et cinq organisations engagées dans la défense de la liberté de la presse et la protection de l’environnement exhortent les États à reconnaître l’intégrité de l’information comme un élément clé de la lutte contre le réchauffement climatique. Elles appellent également à renforcer la protection des journalistes spécialisés en environnement et à soutenir activement les médias qui couvrent ces enjeux cruciaux.
Plus de 200 journalistes couvrant des sujets environnementaux ont été victimes de violences ces dix dernières années, selon les données de RSF. Parmi eux, au moins 25 reporters ont été tués en raison de leur travail, dont 16 en Asie et cinq en Amazonie.
Plus spécifiquement en Inde, sur les 28 journalistes assassinés depuis l’arrivée au pouvoir de Narendra Modi en 2014, près de la moitié enquêtait sur des questions environnementales, notamment les expropriations de terres et les projets miniers industriels.
Au Cambodge, le journaliste britannique Gerald Flynn s’est vu interdire l’entrée dans le pays, malgré un visa valide, après avoir révélé un scandale de déforestation, tandis que le reporter spécialisé sur les sujets environnementaux Uk Mao fait l’objet d’un véritable harcèlement judiciaire de la part des autorités.
En Afrique, ces derniers mois, plusieurs journalistes ont été agressés au Ghana lors d’un reportage sur une exploitation minière illégale, tandis que le reporter Patrick Adonis Numbi a été tué en janvier 2025 à Lubumbashi (RDC), alors qu’il revenait d’un tournage sur l’accaparement illégal d’une rivière près du lac Kipopo.
Enfin, plus de deux tiers des ressources naturelles mondiales sont extraites dans des pays où la liberté de la presse est gravement menacée, entravant la couverture médiatique des enjeux environnementaux et sociaux.
Source : World Environment Day: RSF and leading press freedom and environmental protection organisations call on states to protect journalism | RSF





