La résilience de l 'économie thaïlandaise a encore de quoi surprendre les économistes les plus blasés : en commençant par une croissance de 12% de son produit intérieur brut au cours du premier trimestre de 2010, soit son meilleur taux de croissance de près de 15 ans, ...
Le premier ministre actuel, contrairement à ce que certains dans la presse mondiale ont prétendu est à ce poste en toute légalité, élu par une coalition parlementaire avec l’appui des voix de parlementaires ayant retourné leur veste (anciennement pro-Thaksin). Il n’est en aucun cas le « bénéficiaire » du coup d’état, puisque deux ministres pro-Thaksin l’ont précédé depuis le retour de l’armée dans ses casernes.
Toujours plus : cela semble être le mot d'ordre des censeurs thaïlandais lorsqu'il est question de l'internet. Selon le site thaïlandais Manager les ministres des TIC, de la Justice et de la Culture, en signant un accord pour protéger la monarchie des cyber-attaques, annoncent avoir fermé 43 000 sites web diffamant la monarchie et trois mille autres attendent l'ordre de fermer.
Au départ il y a une cause juste : rétablir une société démocratique en Thaïlande, alors qu'un coup d'Etat militaire a renversé un gouvernement élu en 2006. A l'arrivée une poignée de dirigeants ambitieux et haineux, manipulés par un milliardaire en exil dont la seule motivation est la défense de ses intérêts personnels à n'importe quel prix.
Le nombre élevé des victimes montre que l'armée a perdu le contrôle de la situation, et fragilise donc le gouvernement d'Abhisit. Plusieurs membres de la coalition au Parlement ont déjà pris position pour réduire le délai prévu de 9 mois pour les prochaines élections.
Le scénario de sortie de crise en Thaïlande semble répondre a un rituel immuable: une minorité agissante rend le pays ingouvernable, l'armée conseille au gouvernement de démissionner - a défaut de prendre elle même le pouvoir, - et pour sortir de l'impasse on organise des élections. Si les élections ne ...
En plus de deux siècles, la Thaïlande a changé de nom (le Siam devient la Thaïlande en 1939), et connu 18 coups d'État dont le dernier remonte à 2006. Par deux fois , en 1973 et 1992, la transition du pouvoir militaire vers le pouvoir civil a donné lieu à des épisodes sanglants.
Le coup d’Etat en Thaïlande du 19 septembre 2006 avait surpris tout le monde en mettant un terme à près de six années de démocratie parlementaire, la plus longue période que la Thaïlande ait jamais connue. Il est le dernier en date d’une longue série de 18 coups depuis 1946. Comment expliquer ce triste record et éclairer les événements actuels ?
En Thaïlande, une révolution de palais, qui dura 3 heures, met fin à la monarchie absolue le 24 juin 1932. La « révolution de 1932 », comme elle est nommée, a été menée par un groupe d’une centaine de personnes, le « parti du peuple », composée à part égale d’officiers commandé par Luang Plaek Phibunsongkhram et de civils dirigés par Pridi.
Une fois de plus, la Thailande donne l'image d'une société divisée, incapable de résoudre ses conflits autrement qu'en faisant appel aux manifestations de rue qui réclament inlassablement la démission du gouvernement en place, et l'organisation de nouvelles élections.