Mardi , 29 juillet 2014
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La République des minables

La surenchère démagogique de nos gouvernants fait toujours peine à voir, elle n’a rien de nouveau ou d’original cette année, mais force est de constater qu’elle a atteint en 2012 des sommets.

En Thaïlande elle se traduit par toute une série de mesures populistes dont le seul point commun est d’acheter les suffrages de ceux qui en profitent.

La dernière en date ne laissera personne personne indifférent puisque dans son infinie sagesse planificatrice et environnementale, le gouvernement thaïlandais à décidé de subventionner l’achat d’un première voiture à hauteur de 100.000 baht de prime par véhicule. On attendait 500.000 candidats, mais par un prompt renfort ils furent bientôt plus d’un million à sauter sur l’occasion.

Subventionner les embouteillages et la pollution

Près de 1,3 million d’automobilistes énervés et (dé)primés  supplémentaires nous attendent donc l’année prochaine sur les routes de Thaïlande, dont une grande partie à Bangkok, une capitale mondialement réputée pour la fluidité de sa circulation et la qualité de ses bus, dont la plupart n’ont pas été changés depuis la chute de Saïgon.

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Il est peut être temps de changer de nom de notre pays pour République Démocratique de France, puisque la quitter équivaut désormais  à voter avec les pieds.

Consternant certes, mais la politique en France est-elle si différente dans sa logique ?

Les subventions débiles ne sont pas choses inconnues dans notre beau pays, mais la démagogie électorale est souvent beaucoup plus simple : elle consiste a ne rien faire en laissant les réformes nécessaires, et le remplissage du trou (budget, sécu, retraite etc…) à la charge du prochain gouvernement.

La République Démocratique de France et les minables

Ainsi donc ceux qui ont décidé de quitter la France sont des minables : dixit notre Premier ministre Jean-Marc Ayrault.

Traître serait un qualificatif plus approprié puisque l’impôt est désormais qualifié de patriotique par nos hommes politiques.

En quelques mois le gouvernement socialiste a réussi un exploit qui était autrefois réservé aux pays “frères” authentiquement communiste : faire de l’expatriation un acte politique de rébellion contre un état kleptocratique à la dérive.

Il est peut être temps de changer de nom de notre pays pour République Démocratique de France, puisque comme l’antique RDA de notre enfance, la quitter équivaut à voter avec les pieds.

Ne voir dans l’expatriation que l’aspect fiscal est une erreur: cette motivation ne concerne qu’une minorité de Français expatriés. La majorité évoque plutôt un sentiment de ras le bol dans un pays sclérosé et endormi par l’immobilisme et le corporatisme. Si Steve Jobs était né en France, Apple n’existerait pas: son entreprise californienne démarrée dans un garage aurait été enterrée vivante par les URSSAF avant de vendre son premier ordinateur.

Une dictature molle de la démagogie

La démocratie en France a accouché d’une dictature molle de la démagogie de court terme, sans véritable vision de long terme. Dresser les sujets les uns contre les autres est une vieille recette des gouvernements au bout du rouleau: riches contre pauvres, koulaks contre travailleurs, expatriés contre résidents, immigrés contre nationaux. Les recettes de la démagogie du PS social- nationaliste (les expatriés sont de mauvais Français riches puisqu’ils ont quitté la France) ne sont pas très différentes de celles de l’extrême-droite: c’est toujours la faute de l’autre, celui qui est parti, ou celui qui est arrivé.

Gauche et droite confondue, faisant preuve du  même mépris pour ceux qui les ont élus, se succèdent dans ce décor de pacotille que l’on appelle encore pompeusement la République. Pendant 30 ans les élections ont simplement servi de justification et de pompe à phynances au service d’une oligarchie fonctionnarisée qui monopolise le pouvoir.

Vue de l’ étranger les  différences entre Sarkozy et Hollande sont insignifiantes par rapport a ce qui les réunit : une absence de volonté politique pour effectuer les réformes que tout le monde sait inévitables: désendettement, restauration de la compétitivité extérieure, réforme du marché de l’emploi, et de notre système éducatif qui est une machine à exclure qui n’offre aucune seconde chance.

Forbes Insights et Société Générale Private Banking ont étudié récemment les 1200 plus grandes fortunes dans le monde. Résultat sans équivoque: les Français sont les plus âgés et les moins méritants: plus des deux tiers doivent leur fortune à l’héritage, alors que 80% des britanniques et 68% des américains sont des self-made-men !

Ceux qui traitent Depardieu de minable sont ils vraiment bien placés pour donner des leçons?

Pendant trois décennies ils nous ont abrutis avec des promesses financées à crédit dans le seul but de remporter les élections et de conserver leur privilèges, transformant la France en un pays de mendiants et d’assistés. Ils oublient un peu vite que les hommes politiques et leurs affidés ne créent pas la richesse d’un pays : ce sont les entreprises qui créent la richesse en embauchant, produisant et exportant à l’étranger.

Les hommes politiques ne font que disposer de cette richesse pour exercer leur fonctions, qui consistent essentiellement à créer les conditions optimales de création de cette richesse. Si généreux soit-il, un État ne peut distribuer que ce qu’il a, à moins de construire sa prospérité sur une montagne de dettes et de promesses sans lendemain.

A propos de Olivier Languepin

Journaliste à thailande-fr.com, vis à Bangkok depuis cinq ans. Plus d'info
  • yannroog

    ca fait 35 ans que j’ai quitté la république et j’en suis très heureux . Je vis dans la belle province de Loei et je ne pense pas remettre les pieds en France

  • Ducky Smoketton

    Les « riches » ne sont ni le problème, ni la solution. La seule solution, ce sont des réformes d’envergure, et des économies gigantesques, qui elles seules peuvent éviter la catastrophe future… Malheureusement, aucun gouvernement n’aura le courage de faire ces réformes, donc on préfère s’en prendre aux méchants riches, ça permet de distraire le peuple pendant qu’il se fait tondre à petit coup de CSG et de TVA.

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