vendredi , 26 décembre 2014
Accueil > ASEAN > Le salaire minimum pourrait augmenter de 20% en Thaïlande

Le salaire minimum pourrait augmenter de 20% en Thaïlande

La proposition lancée par le gouvernement thaïlandais au mois de juin dernier d’augmenter le salaire minimum journalier à 250 baht (21% de plus que le taux actuel de 206 baht a Bangkok sera débattue aujourd’hui par un groupe réunissant des représentants de la Chambre de Commerce et d’autres membres représentants de différents secteurs de l’économie.

Le Premier ministre Abhisit Vejjajiva avait lancé l’idée d’un salaire minimum de 250 baht au mois de juin dernier, dans un discours devant les membres de la Chambre de commerce, et avait exhorté les chefs d’entreprise à penser «out of the box » sur les moyens d’améliorer la répartition des revenus, et de promouvoir la réconciliation sociale. Sa proposition sera examinée par le Comité mixte permanent sur le commerce, l’industrie et les banques, qui comprend des représentants de la Fédération des industries thaïlandaises (FTI), la Chambre de commerce de Thaïlande et de l’Association des banquiers thaïlandais.

« Alors que la Chine est confrontée à des salaires plus élevés, la Thaïlande sera parmi les destinations les plus attrayantes d’Asie pour de nouveaux investissements pour les constructeurs automobiles », a déclaré Charl Kengchon, directeur général de Kasikorn Research Co. Comme le montre le graphique publié par le WSJ, la hausse des salaires en Chine a conduit les investisseurs à repenser certaines de leurs installations industrielles à forte composante de main d’œuvre.

salaires en Asie

Le graphique du WSJ montre que l'avantage compétitif qui a attiré de nombreux investisseurs en Chine, ne peut plus reposer uniquement sur les salaires.

La hausse des coûts de main-d’œuvre en Chine représente donc une opportunité certaine  pour d’autres pays de la région, comme la Thaïlande, mais pour combien de temps ? Les pays d’Asie du Sud sont également confrontés à des obstacles comme l’insuffisance des infrastructures,  et les problèmes de corruption.

La plupart des pays d’Asie du Sud-Est, comme le Cambodge, ou le Vietnam et l’Indonésie manquent d’infrastructures suffisantes pour accueillir des industries opérant sur une grande échelle, même si leurs salaires sont moins élevés qu’en Chine.

La Thaïlande serait le pays des inégalités persistantes

Au cours des quatre dernières décennies, l’économie thaïlandaise a connu une croissance moyenne d’environ 7 % par an, et le revenu réel moyen par habitant a pratiquement triplé depuis le milieu des années 1980. Mais, selon un récent rapport sur la Thaïlande par le Programme des Nations Unies pour le développement, la deuxième économie de la région d’Asie du Sud serait en proie à « une persistance des inégalités», qui défie une théorie largement répandue selon laquelle l’écart entre riches et pauvres se creuse au cours d’une phase initiale de développement, puis a tendance à se rétrécir.

La Chine, quant à elle, a vu son économie croître de 11% par an – et a depuis été frappée par une vague de conflits sociaux, y compris une grève sur les salaires dans une usine Honda dans le Guangdong, une des régions les plus riches du pays. Le Parti communiste chinois a misé son avenir sur le pari que la croissance économique permettra de renforcer  la stabilité sociale et d’étouffer la contestation politique.

Mais l’expérience de la Thaïlande montre que de tels calculs peuvent se révéler risqués sur le long terme.

La hausse des coûts de main-d’œuvre en Chine représente une opportunité pour d’autres pays de la région

L’inégalité des revenus de la Thaïlande est à peu près la même que celle de pays beaucoup plus pauvres, tels que l’Ouganda et le Cambodge et un peu moins bonne que celle de la Chine et des États-Unis, très inégaux en termes de répartition des revenus, selon les données de l’Organisation des Nations Unies pour le développement humain (rapport 2009).

La récente proposition du Premier Ministre, en vue d’une augmentation massive du salaire minimum aurait un double objectif: couper l’herbe sous le pied de la contestation, qui a axé sa campagne sur les inégalités, et positionner la Thaïlande de manière a ne pas reposer uniquement sur une politique de faibles salaires.

Car d’une certaine façon, la situation actuelle de la Chine peut s’analyser sur le plan économique, comme une sorte de projection pour la Thaïlande : une hausse des salaires inéluctable sur fond de tensions sociales, qui appelle une recherche de compétitivité par d’autres moyens, comme l’éducation, les infrastructures et… la stabilité politique.

Olivier Languepin

La taille de la population active en Thaïlande dépasse maintenant 38,24 millions (2009 est.), avec une majorité de la population active de moins de 35 ans. Chaque année, environ 800.000 personnes se joignent à cette population, sans que le chômage n’ait enregistré d’augmentation significative.

Salaires minimum en 2010 (taux journalier)

Baht Région
206 Bangkok and Samut Prakan
205 Nakorn Pratom, Nonthaburi, Pathum Thani and Samut Sakhon
204 Phuket
184 Chonburi and Saraburi
181 Ayutthaya
180 Chachoengsao
178 Rayong
173 Nakhon Ratchasima, Pang-nga and Ranong
171 Chiang Mai
170 Krabi, Prachinburi and Lopburi
169 Kanchanaburi
168 Petchaburi
167 Chantaburi and Ratchaburi
165 Singhaburi and Angthong
164 Prachaub Khiri Khan
163 Loei, Samut Songcram and Sa Kaeo
162 Trang
161 Songkhla
160 Chumporn, Trat, Nakhon Nayok, Narathiwat, Yala, Lamphun and Ubon Ratchatani
159 Nakhon Si Thammarat, Pattani, Pattalung, Satun,Surat Tthani, Nong Khai and Udon Thani
158 Kamphaeng Phet, Chai Nnat, Nakhon Sawan, Suphanburi and Uthai Thani
157 Kalasin, Khon Kaen, Chaing Rai, Buri Ram, Yasothon, Roi-et and Sakhon Nakhon
156 Chaiyaphum, Lampang and Nong Bua Lamphoo
155 Nakhon Phanom, Phetchabun, Mukgdahan and Amnat Charoen
154 Maha Sarakham
153 Tak, Phitsanulok, Sukothai, Surin and Uttraradit
152 Nan and Si Saket
151 Payao, Pichit, Phrae and Mae Hong Son

Source: Ministry of Labor, as of January 2010
Website: www.mol.go.th

A propos de Redaction

La rédaction de thailande-fr est intallée à Bangkok depuis 2007. Elle comprend un rédacteur en chef, des pigistes, et des stagiaires en provenance d'écoles de journalisme et de communication.