vendredi 10 septembre 2010 |

L’islamisme combattant en Asie du Sud-Est

Catégorie : armée, livres | Tags : ,
Vendredi 19 octobre 2007

L’Asie du Sud-Est demeure un des théâtres privilégiés d’action de l’islam combattant, comme l’ont rappelé les attentats de Bali en 2002 et la situation actuelle dans le sud de la Thailande.
Où en est-on aujourd’hui avec la menace islamiste dans cette région ? Quelle est la véritable place d’Al Qaeda au sein des réseaux terroristes locaux ? Quelles perspectives pour l’avenir ?

 Islamisme combattant
Telles sont les principales questions que traite cet ouvrage, l’un des seuls disponibles en français sur le sujet. Réfutant les simplifications hâtives, l’auteur démontre que l’islamisme combattant en Asie du Sud-Est reste un phénomène multiforme avec des aspects globaux et d’autres plus locaux. D’autant plus que l’Asie du Sud-Est est elle-même une zone hétérogène, terre de diversité religieuse et de haut lieu de luttes coloniales.

L’auteur

Docteur en Ethnologie, Philippe Migaux a enseigné (1993 à 2002), au Collège interarmées de défense et est depuis chercheur associé à l’Institut de recherche sur l’Asie du Sud-Est contemporaine. Membre de la Société des explorateurs français, il voyage régulièrement en Asie du Sud-Est

Deux questions à Philippe Migaux

Pourquoi un livre particulier sur l’islamisme combattant en Asie du Sud Est ?

Il était utile de montrer qu’en Asie du Sud Est, comme dans le reste du monde, il n’ y a pas une menace jihadiste unique, mais une multiplication de luttes locales, aux contextes historiques généralement anciens et en tous cas particuliers. Al Qaida – appuyé par une organisation régionale qu’elle avait contribué à construire, la Jemaah Islamiyah (Groupe Islamique) – a tenté à la fin des années 90 de les rallier dans son combat internationaliste.

On parle d’abord pour la région, depuis l’attentat de Bali en octobre 2002, de la menace de la Jemaah Islamiya.

On fait souvent de cette organisation le bras armé régional de la mouvance Al Qaïda. Ce qui n’est que partiellement exact. Mais quand on revient aux réalités du terrain, d’autres organisations ont une plus grande dangerosité locale.

Les Indonésiens parleront d’abord, en raison du nombre des victimes, du Laskhar Jihad dont les exactions ont largement contribué aux 3.000 morts provoquées entre 1998 et 20001 aux Moluques et à Célèbes. Aux Philippines, ce sont plus de cinquante mille victimes qui doivent être comptabilisées en quarante ans dans le violent combat indépendantiste des musulmans de Mindanao, où ont été finalement concurrentes deux organisation issues d’une même matrice, le Front National de Libération Moro et le Front Islamique de Libération Moro. Et on a vu apparaître sur place, depuis une quinzaine d’années, des groupes plus marginaux mais toujours virulents comme Abou Sayyaf et le Misuari Breakaway.

Comment ne pas évoquer le sud de la Thaïlande, où depuis 2004 l’on dénombre près de 2 800 morts dans un regain brutal de violences commis par des groupes qui se proclament musulmans et revendiquent l’indépendance de trois provinces du sud du pays. En réalité, ce sont bien les populations locales – non musulmans et musulmans modérés, – qui sont les premières victimes du terrorisme moujahidin en Asie du Sud Est, et non les occidentaux comme prétendaient l’avoir inscrit dans l’histoire les auteurs des attentats de Bali

L’Irasec

L’Institut de recherche sur l’Asie du Sud-Est (Irasec) contemporaine s’intéresse depuis 2001 aux évolutions politiques, sociales et environnementales en cours dans les onze pays de la région. Basé à Bangkok, L’Institut fait appel à des chercheurs de tous horizons disciplinaires et académiques qu’il associe au gré des problématiques. Il privilégie autant que possible les démarches transversales. Plusieurs études portant sur les grandes tendances de l’Islam en Asie du Sud-Est ont déjà été publiées ou sont en cours de publications

Contact :

Arnaud Leveau, directeur-adjoint

Irasec – 29, Sathorn Tai Raod, Bangkok 10120, Thaïlande

T : (66) 026 27 21 82

Email : publications@irasec.com

Recherches pour cet article :

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Un commentaire sur “L’islamisme combattant en Asie du Sud-Est”

  1. [...] Des parents qui sont allés le voir le 21 mars ont déclaré que son corps était couvert de contusions et de marques de brûlures, et que ses côtes étaient brisées. Un témoignage confirmé par Human Rights Watch. Les gouvernements successifs ont jusqu’à présent échoué à régler le conflit du sud musulman, faute d’avoir sérieusement considéré une solution politique (un statut spécial d’autonomie par exemple), mais aussi parce que les rebelles séparatistes ne souhaitent pas négocier avec le gouvernement thaïlandais. Ils pensent qu’ils peuvent remporter une victoire militaire et obtenir la création d’un Etat séparé, ce que la Thaïlande n’est pas prête à concéder. En fait la majorité des Malais musulmans du Sud de Thaïlande ne veulent pas d’un Etat islamique indépendant de Pattani. Ils veulent continuer à vivre en Thaïlande, mais en continuant à conserver leur identité religieuse et culturelle. Les musulmans thaïlandais en général et ceux du Sud en particulier n’éprouvent aucune sympathie pour les groupes de rebelles sanguinaires qui disent se battre pour l’indépendance et leur religion. Mais ils ne se sentent pas pour autant proches des forces de sécurité stationnées dans la région pour les protéger. Pourtant comme l’indique Philippe Migaux “En réalité, ce sont bien les populations locales – non musulmans et musulmans modérés, – qui sont les premières victimes du terrorisme moujahidin en Asie du Sud Est, et non les occidentaux comme prétendaient l’avoir inscrit dans l’histoire les auteurs des attentats de Bali” (L’islamisme combattant en Asie du Sud-Est). [...]

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